‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 161 sur 286 · Napoléon en exil, 22 mai · texte numérisé non relu

Napoléon en exil, 22 mai

228 OlUGINES DE LA LÉGENDK NAPOLÉONIENNE.

Il généralise cette idée dans un court passage des Campagnes de Turenne : l'unité allemande, même partielle, contiendrait dans de justes bornes les ambitions françaises, prussiennes et autrichiennes; une Italie unie « tiendrait l'équilibre entre l'Autriche et la France, et, sur mer, entre la France et l'Angleterre. L'Europe ne sera tranquille que lorsque les choses seront ainsi : les limites naturelles' ».

L'Espagne et l'Angleterre enfin présentaient des cas assez analogues : leur indépendance et leur unité politique étaient des faits accomplis; mais la domination ou les privilèges d'une oligarchie tyrannique, lords ou hidalgos, empêchaient l'œuvre de l'unification sociale, et de la souveraineté populaire : elles étaient a peu près dans l'état de la France avant 89, et la politique des nationalités exigeait chez elles qu'on réalisât la liberté et l'unité dans l'intérieur de la nation, comme ailleurs elle l'exigeait vis-à-vis des étrangers.

« La nation espagnole méprisait son gouvernement; elle appelait à grands cris le bienfait de la régénération'... » « Ses mœurs, ses divisions territoriales, ses vieilles coutumes, auxquelles tient tant l'honneur castillan, étaient autant d'obstacles qu'il fallait vaincre pour régénérer la nation espa-

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