Récits de la captivité, II
PltlXCIPE DES NATIONALITES. 229
gnole '... » — « Je pris en pitié le sort d'un grand peuple, je saisis aux cheveux l'occasion unique que me présentait la fortune pour régénérer l'Espagne- .» S'il eût réussi, l'unité morale de l'Espagne était faite, « les divers partis se fussent ralliés; trois ou quatre ans eussent présenté chez eux une paix profonde, une prospérité brillante, une nation compacte^... » Napoléon, respectueux de leur caractère national, ne songeait pas à les franciser : le roi Joseph « fut le seul étranger au milieu d'eux; je respectais l'intégrité de leur territoire, leur indépendance, leurs mœurs... Le nouveau monarque gagna la capitale n'ayant d'autres ministres, d'autres conseillers, d'autres courtisans que ceux de la dernière cour. Mes troupes allaient se retirer'... » Les Espagnols, plus sensibles à l'intrusion des étrangers qu'à leurs maux intérieurs, « dédaignèrent l'intérêt pour ne s'occuper que de l'injure'... » Napoléon reconnaît franchement qu'il a eu tort de blesser cette susceptibilité nationale en changeant la dynastie espagnole". Toutefois, malgré cette faute, il était sur le point de réussir, quand les désastres de Russie l'ont