‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 167 sur 286 · O R I C. I N E S DE LA L É G E \ D E X A P O I, E () X I H \ N E · texte numérisé non relu

O R I C. I N E S DE LA L É G E \ D E X A P O I, E () X I H \ N E

pu l'oljlfriir : « L'Rurope ne cessa jamais de faire la guerre ii la France, à ses principes, à moi; et 11 nous fallait abattre sous peine d'être ahattus; la coalition exista toujours, publique ou secrète, avouée ou démentie... C'était aux alliés seuls à nous donner la paix; pour nous, nous étions fatigués '. ))

Lorsque Napoléon, après ses premières victoires d'Italie, fut à même de prendre part à la politique générale de la France, cette coalition était dans le vif de son action; elle était entraînée, soutenue par l'Angleterre, qui « salaria l'Europe pour tâcher de tuer la France' ». I/Angleterre avait compris que la Révolution grandirait la France, assurerait sa prospérité intérieure, lui donnerait ses limites naturelles. « La France eût été le plus grand miracle de la civilisation... Mais l'Angleterre n'eût été qu'un comptoir, parce que la France eût été la métropole du monde. La mort de la France fut résolue par l'Angleterre^. »

Après Lodi et la I^ombardie conquise. Napoléon,

1. Refits de la captlfife, 11 mars, 1"^' mai, 2 septembre, 11 novembre 181B. — Napoléon en exil, 22 août 1817.

2. Mémoires, 1822, t. VIII, Situation de l'Europe en 1798, III.

3. Mémoires, Politique extérieure du Directoire, Correspondance, t. XXX, p. 220. — Voir aussi Politique extérieure du Directoire, Vendée {Mémoires, 1822, t. Vlll) : Napoléon insiste sur le fait que l'Angleterre n'a pas poursuivi en Vendée le rétablissement de la monarchie française, mais uniquement la perpétuation de la guerre civile en France.

déjà très influent sur le Directoire, s'efTorça d'arrêter les projets conquérants de ce dernier, de limiter autant que possible le nombre des ennemis de la France, de pacifier le continent pour isoler l'Angleterre et la contraindre à la paix. Grâce a lui, le Directoire, en juin 1796, renouça à ses projets de propagande et de guerre contre Rome et Naples ' ; il chercha vainement à empêcher, après l'armistice de Bologne, la seconde rupture avec la papauté^, sauva à Tolentino le pouvoir temporel du pape, que le Directoire voulait supprimer^. Après l'armistice de Chérasco, il fit tout pour déterminer le Directoire a signer avec le roi de Sardaigne une paix sincère et durable, et n'y réussit que trop tard *. Il appliqua cette politique en grand en signant avec l'Autriche, contre le gré des Directeurs, le traité de Campo-Formio : confiants dans leur force depuis le 18 Fructidor, ils auraient voulu continuer la guerre, utile à leur prestige et au trésor dégarni : Napoléon trompa ce calcul et pacifia le continent^, de même qu'il aurait voulu voir les négociations de Lille, en 1797, pacifier les mers ".

1. Campagne d'Italie, Pavie, \. — Cf. Demies Moments de À^'apoléon, 17 novembre 1819, pour toute cette période.

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