Instructions à Goursaud, loc. cit
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fit espérer (ju'on pourrait s'enteiulre, et, si Fox eût vécu, la paix était faite ', car il la voulait de bonne foi. Ses successeurs, disciples de Pitt, réussirent h lancer la Prusse contre la France. Napoléon n'avait pas provoqué la Prusse; mais cette nation, sur de faux bruits, s'était crue menacée par le projet de traité d'Oubril entre la France et la Russie (1806), et s'était apprêtée à combattre à la fois les deux puissances ; quand elle fut rassurée du côté de la Russie, elle se pensa capable d'affronter la France seule, et se prêta aux desseins des Anglais, léna et Friedland tranchèrent la question ^
Fidèle à son système de modération, Napoléon, maître de tout le territoire prussien, épargna la Prusse. Malgré l'imprudence de laisser subsister cette rivale humiliée, il lui rendit ses plus belles provinces ', et proposa une fois encore la paix aux Anglais *.
Rebuté une fois de plus, il lui fallut, pour parer les attaques de l'Angleterre, une conquête de plus ; et ce fut l'origine de l'afiaire d'Espagne. Une
1. Instructions à Gourgaud*^ — Napoléon en exil, 9 novembre 1816, 11 juillet 1817; — Mémorial, 10 juin 1816; — Journal de lady Malcolm, 31 janvier 1817.
2. Note X.XVIII sur le Manuscrit de Sainte-Hélène, Mémoires, 1822, IV, p. 251.
3. Napoléon en exil, 3 mars 1817; — Mémorial, 28 avril, 16 juin 1816.
4. Instructions pour Gourgaud ; — Napoléon en exil, 9 novembre 1816.
NAPOLEON AMI DE LA PAIX. 2'4l
famille royale de Bourbons n'était pas un sûr voisinage; pendant la crise de 1806, la conduite de l'Espagne avait été plus qu'équivoque, elle avait conclu un traité secret contre la France ' : une intervention française n'était qu'un acte défensif. Cependant, Napoléon ne l'eût pas faite, malgré les conseils de Talleyrand '^, si les événements intérieurs de l'Espagne ne lui avaient offert une occasion trop tentante pour qu'il résistât. La révolution d'Aranjuez, la lutte entre les deux souverains se produisirent, quoi qu'on ait dit, en dehors de lui, et contrariaient même ses projets d'alliance avec l'Espagne contre le Portugal^ ; mais la conséquence de ces événements lut que les deux souverains vinrent, de leur propre volonté, sans invitation, h Bayonne, pour s'en remettre au jugement de Napoléon ; celui-ci trouva l'occasion excellente de se débarrasser dun allié suspect et de régénérer une nation mal gouvernée; et « prenant en pitié le sort d'un grand peuple, il saisit aux cheveux l'occasion unique que la fortune lui présentait pour régénérer l'Espagne... Si j'ai péché, c'est par une
1. Xapoléon en exil, 11 jaillet 1817; — Mémorial, 6 mai, 14 JQÏn 1816; — Récits de la caplivilé, II, 437.
2. Napoléon insiste toujours sur le rôle joué par Talleyrand dans l'affaire d Espagne, et lui assigne toujours une part très forte de responsabilité : voir Récits ilc la captiiitc. II, 441; — Mémorial, 11-12 avril 1816. — Napoléon en exil, 12 novembre 1816, 9 décembre 1817. — Cf. encore la Seconde lettre du Cap.