‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 184 sur 286 · octobre, IG, 18 novembre · texte numérisé non relu

octobre, IG, 18 novembre

teur a pu forcer les couleurs. Mais en janvier 1821, on le retrouve dans l'état d'esprit de 1818 : « Quoique je me sente affaiblir de plus en plus tous les jours, que je me porte extrêmement mal, je ne suis pas encore aux abois, dans un état à demander les secours de la religion; si je me trouvais cependant réduit à ce cas, est-ce à une personne comme cela (l'abbé Vignali) que je pourrais m'adresser pour en tirer des lumières ou en obtenir des secours spirituels? Eh! qui sait! Voltaire même demanda bien les secours de la religion avant de mourir; peut-être trouverais-je aussi beaucoup de soulagement dans la société d'un ecclésiastique capable de m'inspirer un goût pour les entretiens religieux, qui me rendrait dévot'... » Il serait heureu.x de croire, mais il ne croit pas.

Il est cependant mort en chrétien. « Lorsqu'il approchait du terme fatal, l'Empereur nous dit... que l'abbé Vignali devait dire sa messe dans le lieu accoutumé et réciter les prières des quarante heures; qu'il faudrait, quand il le dirait, faire entrer l'abbé Vignali, et le laisser seul avec lui. Tout ce que l'Empereur a prescrit a été exactement suivi'. » Le 20 avril, il se confesse et reçoit l'extrêmeonction. Le 21, il donne des instructions à Vignali

1. Conversation du 27 janvier 1821 entre ilontholon et sir U. Lowe (fl. O. 32).

2. Campagne d'Egijple (18'i7), avant-propos de Bertrand, p. Liv.

sur les cérémonies à accomplir après sa mort, et croyant surprendre de l'ironie sur le visage d'Antonimarchi : « Vous êtes au-dessus de ces faiblesses; mais que voulez-vous? je no suis ni philosophe ni médecin. Je crois à Dieu, je suis de la religion de mon père : n'est pas athée qui veut... Je suis né dans la religion catholique, je veux remplir les devoirs qu'elle impose, et recevoir les secours qu'elle administre '... » Tout cela en pleine possession de son esprit, dans les journées où il écrit son chef-d'œuvre de Sainte-Hélène, l'admirable Testament. Le 29 avril, il reçoit le viatique', et une seconde fois le 3 mai, avant-veille de sa mort^.

Telle est l'altitude religieuse de Napoléon ii Sainte-Hélène : c'est un déiste à la Voltaire, qui se souvient avec attendrissement de son enfance catholique, et que la mort ramène ;i ses premières croyances.

A travers ces variations de sa croyance personnelle. Napoléon a conservé, et marque dans ses propos de Sainte-Hélène, des idées très arrêtées

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