LA FAMILLE DE NAPOLEON
grande importance à l'éducation qu'il en avait reçue : « Je dois ma fortune ;i la manière dentelle a élevé ma jeunesse '. » Mais son « caractère mâle, fier et plein d'honneur », son courage, sa force physique lui permirent de jouer, à plusieurs reprises, un autre rôle que celui de mère attentive. « C'était une tète d'homme sur un corps de femme ^. » Enceinte de Napoléon, elle partageait encore avec son mari les fatigues de la guerre que Paoli dirigeait contre les Français pour la liberté de la Corse. Plus tard, devenue Française de cœur quand la France devint libre, elle combattit le même Paoli, qui voulait livrer la Corse aux Anglais. Ce patriotisme causa la ruine de ses propriétés et la força à se réfugier en France^.
Cette « Cornélie /) rustique, qui parcourait le maquis à cheval, et qui jette sur les premières années de Napoléon l'éclat d'un héroïsme pittoresque, avait pourtant ses petits défauts : « Madame était aussi par trop parcimonieuse, c'en était ridicule*. » Mais cet argent, amassé par excès de clairvoyance, elle était prête à le sacrifier pour relever, à l'île d'Elbe ou après Waterloo, les affaires de son fils. « Chez elle, le grand l'emportait sur le