‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 206 sur 286 · Testament, I · texte numérisé non relu

Testament, I

2S0 OniGlNES DE LA LEGENDE N A I> O L E O -N I L .\ X E.

par le peuple français en commun avec Napoléon. Aux provinces de l'Est, si courageuses, si patriotes lors des deux invasions, aux soldats « qui ont combattu de 1792 à 1815 pour la gloire et l'indépendance de la nation », aux blessés de Waterloo, aux proscrits de la Restauration, aux dévoués qui l'ont suivi à l'île d'Elbe, il lègue les deux cents millions de son domaine privé'.

Pensait-il que la Restauration avait respecté la propriété de ce domaine privé? Qu'elle en permettrait cette sensationnelle répartition? Peu importe : les braves qui ont combattu avec lui, les patriotes qui ont soufl'ert pour lui, sauront que du fond de son exil, sur son rocher, il ne les a pas oubliés. Ils sauront aussi que s'ils ont succombé dans la grande lutte contre les rois, ni eux ni lui ne furent faibles ou coupables : la responsabilité en retombe sur les traîtres de 1814 et de 1815 : « Les deux issues si malheureuses des invasions de la France lorsqu'elle avait encore tant de ressources, sont dues aux trahisons de Marmont, Augereau , Talleyrand et Lafayette "... »

Mais Napoléon n'a pas été seulement l'homme du peuple français, il a été l'homme de tous les peuples : « Je meurs prématurément, assassiné par

1. Teslamcnl, III. — 1" codicille, 21 et 22. — 5« codicille, 14 et 15.

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