Voir ses Soncenirs (Bibliographie, Ul
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écrivait tous les soirs, dans le vif de ses souvenirs, pour recopier ensuite par parties plus importantes et en modifiant parfois la rédaction primitive, surtout en vue de corrections de style... » Il y a « des premiers jets, très rares du reste, qui laissaient beaucoup à désirer à ce point de vue ».
C'est donc un travail h peu près analogue à celui de Las Cases qui a constitué le journal de Gourgaud : pareille abondance, les souvenirs étant journellement recueillis; pareille sûreté, vu la brièveté du temps qui séparait l'audition de la mise par écrit. Gourgaud a même un avantage marqué : moins soucieux que Las Cases de l'effet littéraire, de l'appréciation du lecteur, écrivant pour lui, non pour le public, il a vraiment écrit un journal, sans additions oiseuses, sans recherches de style, sans refontes ni mélanges. Il ne s'est pas soucié, pour épargner la iatigue du lecteur, de rassembler à la même date plusieurs conversations sur le même sujet, au risque de fausser la chronologie. N'ayant pas à craindre, comme Las Cases, d'ennuyer (ou de trop intéresser) le public par des questions personnelles, il indique dans les actes et les conversations de Longwood la part de chacun nommément, sans confondre tout le monde sous la discrète dénomination de un de nous. Son journal est ainsi plus vivant, de chronologie plus sûre, et plus précis. Aucun des écri-
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vains Je Sainte-Hélène n'a rendu comme Gourgaud l'accent et le geste du maître; et, parfois, à sa fidélité se joint un sens réel du pittoresque et de la vie.
Infiniment précieux par là , le journal de Gourgaud peut inquiéter, si l'on sait' que peutêtre il a été arrangé, truqué, en vue d'un effet à produire sur sir Hudson Lowe, spécialement pour persuader le gouverneur que Gourgaud quittait Longwood brouillé avec Napoléon; mais le raisonnement indique, et c'est l'avis des éditeurs du journal, que le journal n'a dû être arrangé « que pour ce qui concerne les lamentations de Gourgaud, les querelles, etc., pour tout ce qui, en un mot, pouvait faire croire à sir Hudson Lowe que Gourgaud n'était pas un nouveau Las Cases, qui, bêtement, avait laissé prendre son journal ». Quant aux conversations de Napoléon sur ses actes et ses intentions, on ne voit pas bien quel intérêt Gourgaud aurait eu à les maquiller ; et c'est là ce qui nous intéresse uniquement.
Une autre considération peut nous rassurer. Quand on cherche à se rendre compte de la manière dont le journal a pu être arrangé, il est une hypothèse à écarter, celle d'après laquelle le journal déjà écrit aurait été repris et modifié à la