‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 218 sur 286 · Id., 10 mars et 3u juillet · texte numérisé non relu

Id., 10 mars et 3u juillet

■■i. Id., 7 octobre 1817.

k. Non plus que des ?iutes sur le Mannsci it de Salnte-Uèléiie, — {H. O. 14.)

29i; O n I r, I N F, s DE LA LEGENDE NAPOLEONIENNE.

truction et des talents, avait bien fait la guerre, était en état de bien observer et de bien rendre ce J

qu'il avait vu, savait bien dessiner, parlait espagnol ^

et allemand ' ». Son rôle semble avoir été important en plusieurs rencontres, surtout à Dresde en 1813. Son instruction technique en artillerie, ses connaissances mathématiques le rendaient agréable et utile à Napoléon, qui lui donnait à Sainte-Hélène des calculs à faire. Si Las Cases était l'homme de lettres du groupe, Gourgaud était l'homme de science; Montholon, l'homme du monde « qui ne se pique de rien », et Bertrand le franc soldat.

Mais l'instruction de Gourgaud n'a pas été uniquement militaire : Gourgaud avait lu, avait sur nombre de sujets des vues, où se marque un esprit assez porté h simplifier les questions, mais aussi un bon sens réel. Sans avoir un esprit subtil comme Las Cases, ou souple comme Montholon, il l'avait clair et était intelligent.

Son caractère nous intéresse davantage. Gourgaud, dont toute la vie a été militaire, qui n'a connu ni la cour, ni le monde, qui n'a jamais appris à sacrifier son moi aux exigences de la vie de société, est l'homme de la nature ; il s'est déve-

1. État des sujets jugés susceptibles de faire les fonctions d'officiers d'ordonnance, B. jV., Manuscrits, Papiers relatifs au Premier Empire, fr, 6577, fol. 61.

GOUnGAUD ET SON .1 O U I! X A L . 297

loppé sans gêne, abondant dans son sens, et laissant librement croître ses qualités et ses défauts innés.

II avait des qualités; personne n'a contesté sa bravoure'; il était foncièrement bon, reconnaissant des services rendus, peu rancunier, touchant par la vivacité et la sincérité de ses affections familiales. Quoique sans sympathie pour Las Cases, il plaide pour que son fils soit admis à la table de l'Empereur""; il clierche à éviter à Bertrand des gronderies de Napoléon, et s'expose à les recevoir lui-même^; lorsque Las Cases est enlevé de Sainte-Hélène, il oublie tous ses griefs contre lui, cherche h le consoler, l'embrasse avec les larmes aux yeux*; il prêche le domestique de Bertrand pour l'empêcher d'abandonner son maître '. Sa mère et sa sœur étaient l'objet de ses constantes préoccupations^; la tendresse que ses lettres manifestaient pour elles^ avait touché jusqu'à lord Bathurst, pourtant peu sensible. Son besoin d'affec-

1. Les récits malveillants de O'Meara {Forsyth, I, 96) et de Warden (5* lettre) sur les craintes qu"il montrait durant sa maladie, paraissent embellis (celui de O'Meara surtout) par une imagination inventive; et le plus brave peut avoir des défaillances dans un lit de malade.

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