Id., II, 251. — C'est probablement une partie de ces
Les circonstances antérieures au départ semblent donc s'expliquer assez heureusement; mais après le départ, on trouve d'autres faits qui réclament éclaircissement. On |>eut les résumer d'un mot : Gourgaud a cliargé son rôle, comme dit Montholon, mais tellement et si longtemps qu'on linit par se demander si c'est un rôle, et non l'expression de ses vrais sentiments.
Gourgaud joue son rôle trop longtemps : ce n'est pas seulement à Sainte-Hélène avant son départ, alors que cela |)araît nécessaire'. Il le joue arrivé en Angleterre, auprès de M. Goulburn, sous-secrétaire d'Elat aux colonies, auprès de l'ambassadeur de France à Londres, le duc d'Osmond -, auprès de sir Hudson
instructions qui est donnée en appendice du Journal de Gourgaud (II, p. 531).
1. Dans une lettre à sa mère, du 25 janTier 1818, par exemple : « Si j'ai à me plaindre, c'est de Longwood. mais non de Sainte- Hélène >^. II rappelle qu'à Brienne. quatre ans auparavant, il a sauvé la vie de Xapoléon, et ajoute : « Nul doute que tout autre n'eût fait de même à ma place; mais tout autre agirait-il comme on agit à présent avec moi.? » i Z?. M. 2020^. p. 'i~ .)
2. Voir R. O. 19, lettre du duc d'Osmond à lord Bathurst, du 31 octobre 1818. « Je ne suis pas inoins étonné que Votre Excellence des variations de M. Gourgaud. J'ai vu quelquefois cet officier; il me paraissait constamment occupé du projet de rentrer en France, pour y acquérir des droits à l'oubli de ses fautes. Convaincu de sa bonne foi, j'étais devenu son avocat auprès de M. le duc de Richelieu, et j'avais l'espoir que ce ne serait pas sans succès, quand a paru la lettre à l'archiduchesse de Parme; d'abord je l'ai crue fabriquée par les ennemis de Gourgaud... M. Gourgaud aurait-il donné le titre d'Empereur à l'homme qui naguère avait provoqué de sa part une noble réponse aux offi-es de bontés nouvelles fjttand il retournerait en France? Si la fortune (dit Gourgaud à Bonaparte) destinait ma patrie à l'horrible malheur de vous revoir jamais, vous me trouveriez dans les i-angs de vos ennemis, et je ne vous aborderais que les armes à la main. Chaque souvenir m'autorisait à nier que .\I. Gourgaud eût écrit la lettre du 29 août; mais puisqu'il en revendique la gloire, il n'y a plus moyen de la lui
Lowe, qui lui avait prèle- île l'argent à Sainte-Hélène, et à qui il le renvoie de Londres le 20 juin 1818, avec une lettre qui est encore tout à fait dans le rôle '. Il le joue en 1819 encore, auprès d'un général, probablement anglais, à qui il écrivait pour se mettre à la disposition de madame de Monlholon, débarquant de Sainte-Hélène en Europe : cette lettre re|)résente encore les Jlontholon comme ayant causé son départ^. Gourgaud semble jouer son rôle avec exagération ; il ne s'est pas borné à se dire persécuté par Napoléon : il semble avoir donné sur lui des renseignements de nature à lui nuire, sans être spécialement utiles pour le rôle'. Dans ses conversations avec le sous-secrétaire d'Etat Goulburn, il lui aurait dit que Napoléon, au iiiomenl même oii il faisait étalage de son dénuement en vendant son argenterie, recevait d'Espagne une somme de 250 000 francs : ce qui prouvait à la fois (ju'il était, malgré ses plaintes, abondamment pourvu, et qu'il avait avec l'Europe des communications fré-
refuser; reste à savoir si M. Gourgaud a joué un rôle, ou s'il faut attribuer à l'instabilité de son caractère une conduite dont on ne peut apprécier tout le mérite sans savoir ce qu'elle doit ù l'art ou à la nature. »
1. B. M. 20204, p. 52. Voici quelques passages : " Ah! si l'on considère que je n'avais d'autre fortune que mon état, et que je l'ai perdu, cL si l'on compare ma conduite avec celle des personnes qui cherchent à me calomnier, on pourra facilement reconnaître si c'est moi que l'intérêt a jamais guidé... Certes, ce n'est pas de mon côté qu est l'ingratitude... Je me figure que le général Gourgaud a été tué à Waterloo, et qu'on n'en entendra plus parler jusqu'au moment où il rencontrera M. de Montholon. Mes malheurs sont trop grands, je ne me sens pas la force de pardonner. »