Journal de Gourgaud, II, p
3. Pour toute cette partie de la discussion, voir Lettre de sir W. Sealt et réponse du général Gourgaud (Bibliographie, 86). — Cf. Fors<jth, IV, 468.
quenles, juslifiant une surveillance plus éli'oite'. 11 aurait dit à Sturiuer et à Goulburn que Napoléon avait des relations faciles avec le dehors, et s'évaderait ([uand il voudrait, ce qui nécessitait aussi plus de rigueur dans la surveillance-. Il aurait dit à Goulhurn que Napoléon se portait bien, et ne souffrait nullement du foie comme le prétendait O'Meara : ce qui rendait injustifiable un changement de résidence, et compromettait O'Meara à tel point qu'il fut immédiatement rappelé". Un rôle tenu si longtem[)s et si maladroitement, était-ce vraiment un rôle?
Des explications assez naturelles se présentent pourtant encore. D'abord, si Gourgaud a prolongé son rôle, c'est qu'il y était forcé. Il arrive en Angleterre le 1" mai, et c'est le 25 août qu'il se révèle agent de Napoléon en Europe par la lettre oîi il cherche à intéresser Marie-Louise au sort de son mari. S'il ne l'a pas fait plus tôt, c'est qu'il savait bien qu'en se dévoilant, il deviendrait odieux au gouvernement anglais, serait maltraité et chassé : ce qui arriva effectivement, puisqu'il fut expulsé d'Angleterre le 14 novembre 1818. S'il s'était fait expulser tout de suite, il n'aurait pu se mettre en relations avec les partisans de Napoléon en Angleterre, les amis de O'Meara, Holmes, se renseigner sur la situation, se rendre utile. De plus, le congrès d'Aix-la-Chapelle, où il fallait agir, ne devait s'ouvrir que le 30 septembre. A quoi bon se révéler longtemps d'avance et s'exposer sans nécessité aux ])ersécutions? Mais, le moment venu, Gourgaud se déclare nettement. A sa lettre à Marie-Louise succède