Rectls de la captivité, I, hk
3. yapoléon en exil, 2ô novembre 1816. — Cf. Forsyth, W, p. 'iSO.
deux versions de l'aventure, il nous donne le droit de les suspecter toutes deux, et de iiréférer celle de Las Cases.
Mais Las Cases, enlevé de Longwood le 25 novembre, ne partit de Sainte-Hélène que le 30 décembre. Retenu pendant te teirips à Balcombe's Cottage, il reçut de sir Hudson Lowe, le 17 décembre, l'olfre d'attendre, à son cboix, à Longwood ou au Cap la décision des ministres à son égard. Las Cases a donné les raisons qui lui ont fait préférer le séjour du Cap : une lettre de Napoléon, écrite le 13, avant l'odre de sir Hudson Lowe, l'engageait à partir, et, au besoin, le lui ordonnait; il pensait pouvoir mieux servir Napoléon en Europe qu'à Sainte-Hélène; enfin, son arrestation publique, brutale, à la vue de tout Longwood, l'avait vivement froissé, il se sentait flélri aux j'eux de Napoléon, et craignait, en retournant à Longwood, de paraître accepter et autoriser de semblables traitements. Toutefois, ajoute-t-il, sur le moindre désir de Napoléon connu de laçon certaine, par une lettre ou ])ar une personne sûre, il sérail resté.
Ce désir lui a-t-il été communiqué? Las Cases n'a vu ses compagnons, Bertrand et Gourgaud, que le 29 et le 30 décembre. Qu'on lise le récit de ces entrevues ', on verra que les deux généraux n'ont pas apporté à Las Cases l'expression d'un désir de Napoléon, et n'ont jamais insisté qu'en leur propre nom, —
1. Goiujiniid, 29 et 30 décembre ISKi. — Mémoi-anduin du major Gorrequer (B. .1/. 20117, p. 368 sqq.. 38S sqq.). — Le 2!1 décembre : « Mais si cependant l'Empereur désirait que tous restassiez? ■ — ■ Je resterais, parce que ce serait une loi pour moi. » Çt, le 30, Bertrand ne parle qu'en son propre nom et n'apporte pas d'ordre ou de désir de Napoléon.
■cela sur l'ordre de Napoléon lui-même, comuio nous l'apprend Montholon '.
Mais O'iMeara nous afOrrae - qu'il fut chargé par Napoléon de prier Las Cases de rester et que Las Cases refusa; il le dit nettement, et à deux reprises : ■cela semble plus sérieux. Or Las Cases ne nous parle pas de cette commission : il semble, d'après lui, que O'iMeara, pendant cette période, ne l'ait vu que •comme médecin.
Mais O'.Meara pouvait-il paraître à Las Cases un messager tout à fait sûr? Il était Anglais, soumis aux ■autorités anglaises ; l'île entière le regardait, nous l'avons vu, comme l'espion du gouverneur auprès de Napoléon, et l'on en soupçonnait quelque chose ;"i Longwood. Las Cases pouvait donc se méfier. Pourquoi n'a-t-il pas exposé ses raisons plus tard, dans le Mémorial? C'est qu'alors O'Meara était estimé sans réticence par tous les bonapartistes, et que Las Cases ne voulait pas paraître avoir soupçonné son dévouement. On peut donc s'expliquer, et que Las Cases n'ait pas tenu compte de la commission de O'Meara et qu'il n'en ait pas parlé dans le Mémorial.