Sécits de la captivité, I
2. Journal de Guurgaud, 5 avril 1817. - Forsyth, II, 110-141. — .\apolcon en exil, 20 décembre 1816.
c'est la légende guerrière, c'est le conquérant des P\raniides et de la Moskowa, le vainqueur foudroyant de tous les climats du inonde, simple et familier avec les grognards qui adorent leur petit caporal^ invincible et ne succombant qu'à un amoncellement de fatalités et de trahisons, comme par un coup de tonnerre du destin, — le Napoléon de Victor Hugo, de Béranger et de Charlet.
Celte conception, profonde et agissante entre toutes^ de Napoléon chef de guerre, celle que les poètes et les artistes ont avant tout exploitée, est assurément ce qui a le moins préoccupé Napoléon à Sainte-Hélène,^ ce qu'il s'est le moins soucié d'imposer à l'imagination européenne. Quelques indications à peine apparaissent à cet égard dans les écrits de Sainte- Hélène.
Sans doute, il lui est arrivé — rarement — d'insister sur la valeur de ses troupes, sur la supériorité militaire des Français', même aux époques de revers^, d'applaudir au terme : « la grande nation » qu'il avait le premier appliqué à la France'; mais, s'il ne l'avait pas fait, il eût été le seul à ne pas le faire, et il y a mis une remarquable discrétion. Sans doute, il savait le prix de son génie militaire, et en a parlé sans fausse modestie, mais sans aucun élan d'imagination, et ne se louant jamais que par des faits et des chiffres : à coup sûr, ce n'est pas dans les Mémoires qu'on trouvera l'enivrement poétique de YOde à la Colonne. Sans doute, il a, à plusieurs reprises, défendu avec chaleur contre des critiques, ses opérations, heureuses ou