Mémorial, IV
position, et d'établir que Las Cases en est bien l'auteur, et non le prète-nom.
A ce moment (25 novembre 1816') déjà, le Mémorial comportait quelques dictées de Napoléon, mais fort courtes et en petit nombre : la valeur de six pages dans l'édition Garnier, qui en compte plus de deux mille'. Le reste, Las Cases nous le donne comme son œuvre. D'après lui, Napoléon ne l'aurait lu — partiellement — que le 5 octobre 1816; il s'en serait montré satisfait, aurait promis à Las Cases de lui dicter des anecdotes pour son recueil, puis aurait brusquement changé d'avis, et fait comprendre à Las Cases qu'il ne voulait pas s'en occuper : il avait senti sans doute qu'en ajoutant ses dictées au journal, il lui ôtait son intérêt de récit libre et vagabond et sa valeur de relative indépendance.
Las Cases s'affirme donc unique auteur du Mémorial. On n'a aucune raison de refuser de le croire ; tout au plus la façon dont Napoléon réclama le Mémorial au moment de l'arrestation de son auteur^ pourrait-elle paraître en opposition sur quelques points de détail avec ce que dit Las Cases. 11 redemande « un journal rédigé par ordre » que Las Cases devait, « lorsque tout aurait été revisé au net, soumettre a l'Empereur pour