‹ Les origines de la légende napoléonienneChapitre 70 sur 286 · LE MEMORIAL DE S A I NT E - H E L E N E · texte numérisé non relu

LE MEMORIAL DE S A I NT E - H E L E N E

qu'il pût l'examiner de nouveau ». D'après Las Cases, le journal n'était pas rédigé par ordre, et Napoléon n'avait pas dit qu'il voulait l'examiner de nouveau. Mais, en indiquant ces deux circonstances, Napoléon affirmait sa propriété sur le journal et, par suite, son droit à le réclamer : il ne tenait pas à ce que le recueil de ses conversations restât entre les mains de sir Hudson Lowe, et n'était peut-être pas davantage disposé à le laisser emporter par Las Cases. Ne connaissant l'ouvrage qu'imparfaitement, il craignait que sa publication n'eiit des inconvénients, et préférait le garder par devers lui. Pour y arriver, il appuyait sa réclamation de raisons un peu fictives, tandis que Las Cases, pour fortifier ses droits à garder l'ouvrage, dépassait la vérité en sens inverse, et déclarait que Napoléon n'avait aucune connaissance du Mémorial^. La vérité me paraît être entre les deux, telle que Las Cases l'a exposée dans son livre.

Le Mémorial, rendu a Las Cases à la fin de 1821, fut livré à la publication à la fin de 1823. Pendant ces deux ans, il subit quelques modifications : suppressions, additions, remaniements .

Rien à peu près, en dehors du témoignage de Las Cases, ne peut nous renseigner sur la nature et l'étendue des remaniements. 11 nous affirme

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