M E AH A
— les livres VII, VIII, IX et XI des Mémoires de Napoléon ', ce qui est doublement inexact : le livre XI des Mémoires n'a jamais été écrit, ni certainement le livre Vil-; et, d'autre part, le livre IX n'a pas dû être envoyé à O'Meara, mais emporté par lui : une lettre de Holmes semble prouver que, le 21 octobre 1818 (un mois à peine après le retour de O'Meara en Angleterre), il avait en main le manuscrit du livre IX ^ — Puis, alors que madame de Montholon, dans sa correspondance avec son mari, afTecte de n'avoir aucun renseignement sur la publication de la campagne de 1815, ses lettres à O'Meara montrent de façon presque irréfutable, qu'elle s'occupait de cette publication de concert avec lui'. En tout cas, la brouille n'était pas bien
1. Extrait d'une dépèche de sir Hudson Lowe à lord Bathurst, du 14 mai 1821 (Aff. élrang., 1805, p. 164, pièce 123).
2. Napoléon aurait parlé dans le livre XI des événements postérieurs à Waterloo (encore faudrait-il lire le livre X). Le livre VIII peut correspondre au retour de l'île d'Elbe et aux Cent Jours. On ne voit pas trop le sujet qu'aurait traité le livre VII.
3. « Le général Gourgaud n'a point été autorisé de publier (sic) sa bataille de Waterloo. Il est vrai, il a apporté quelques fragments de Sainte-Hélène, que l'Empereur lui a dictés, dont il a formé un ouvrage, mais il n'a pas bien agi, car c'est moi qui possède l'ouvrage comme l'Empereur veut le publier, qui est en entier dicté par lui-même ; à présent, je ne peux pas le donner au public, parce qu'il diffère en plusieurs points de celui de Gourgaud. » {Kaiser Franz I iind die ?iapoïeoniden, Bibliographie, 109.)
4. Lettres des 14 février, 28 mars 1820. — • L'ouvrage sur W. a parfaitement réussi. • (Lettre du 6 février 1821.) (Communiqué par M. le vicomte du Couëdic de Kergoualer.)
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sérieuse, puisque In correspondance continuait entre O'Mcara et madame de Montholon, qui le chargeait de ses commissions à Londres '. Plus tard, lors du procès intenté par sir Hudson Lowe à O'Meara, les Montholon fortifient la cause du docteur de leurs témoignages". Tout porte à croire que la brouille, purement diplomatique, n'a pas rompu l'accord réel.
De ce récit un peu long et fertile en digressions, la figure de O'Meara me paraît du moins ressortir assez nette. Intelligent, capable par son talent de faire une brillante carrière, il a vu cette carrière brisée par suite de la situation fausse où il s'était engagé, espérant arriver plus vite. Sa reconnaissance pour les bons procédés de Napoléon, sa rancune contre sir Hudson Lov^'e et le ministère, l'ont jeté dans le camp des bonapartistes plus qu'une persuasion intellectuelle de la bonté de leur cause. Il a mis à leur service son intelligence, son talent de plume, avec une ardeur de haine que sa froideur étudiée ne dissimule pas toujours. Aussi, malgré les apparences d'impartialité dues à cette tranquillité de la forme, savons-nous qu'il faudra prendre garde à la violence des sentiments qui sont au fond, violence devant laquelle la vérité
1. Voir encore deux lettres de madame de Montholon à Holmes, le 30 mai 1820 (R. O. 30) et le 1" avril 1821 {B. O. 33).
des faits ne pèsera pas grand poids. O'Meara serait un mauvais guide dans le dédale de la vie hélénoise. Nous aurons lieu de voir que diverses raisons nous permettent de lui accorder beaucoup plus de confiance comme rapporteur des conversations de Napoléon.