LE .. NAPOLEON EN EXIL
Avec le Mémorial de Sainte-Hélène, c'est le Napoléon en exil qui a eu, parmi les Evangiles napoléoniens, le plus granJ succès de librairie. Edité nombre de fois en français et en anglais, il a eu l'honneur d'être traduit en plusieurs autres langues'. L'ouvrage méritait ce succès; il est intéressaut, l'auteur s'y efface presque entièrement, la déclamation et la litlérattire y tiennent peu de place. A vrai dire, O'Meara s'est donné assez de mal pour renseigner le monde sur son client de Sainte-Hélène.
11 nous apprend, dans sa préface, qu'à l'issue de chaque conversation avec Napoléon, désireux de n'en rien laisser perdre, il allait immédiatement l'écrire dans sa chambre, en s'appliquant à repro-
1. Voir le catalogue de la Bibliothèque nailonale, t. III, Lb48 1961 sqq. — Kircheisen, Bibliographie Napoléons, Leipzig, Kireheisen, 1902.
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duire, aussi exactement que possible, les paroles de son interlocuteur. Puis, pour mettre ces notes en sûreté, il les recopiait et les faisait passer par paquets successifs à son ami Holmes, par l'intermédiaire de ses amis, officiers de marine sur la croisière de Sainte-Hélène. C'est donc probablement un brouillon du journal que jMontholon, au moment du rappel de O'Meara, alla chercher à la pharmacie, lut à Napoléon, et envoya ensuite à son auteur en Angleterre '.
Cette assiduité de OMeara à écrire — et nous avons vu que son travail ne se bornait pas à la confection de son journal — avait été remarquée il Sainte-Hélène. Montholon s'était aperçu qu'à peine rentré chez lui, il se mettait à écrire, et cela l'avait mis en défiance". Napoléon, dès le mois de mars 1817, pensait que son médecin, comme Warden, publierait « son livre » à son retour de Sainte-Hélène'; et tout son entourage parlait couramment, au mois de juin de la même année, de cette future publication*. Napoléon ne le voyait pas de mauvais œil, et cela se comprend, car O'Meara, dès lors, lui était à peu près acquis. Plus tard, il déclarait encore que si O'Meara écri-