SÉANCE D^AUGURATION DE LA SOCIÉTÉ
A chaque commission locale les créations, les tâtonnements ennuyeux, mais utiles, de Torga* nisation la plus conforme aux besoins de chaque contrée ; à chacune déciles, il faut Tespérer du moins, le mérite entier du succès.
La société, cela a été bien convenu, s^afta^ cbera à faciliter les achats en demandant des' remises aux libraires et en se chargeant des ports ; elle répandra les renseignements les plus utiles et cherchera surtout à faire profiter les derniers venus de Texpërience de ceux qui les auront précédés.
A ne considérer que son but apparent, la propagation des bibliothèques communales, le rAle de la société parait limité à une action assex restreinte; mais nous forons remarquer que,, pour être bref, on a dû substituer à Pindication du but celle du moyen, et qu^on éftt été plus dans le vrai, en s^intitulant : i Société pour Tencouragement à la lecture et au développement de rinstruction }>ar les bibliothèques communales. > C^est ce qu^ont parfaitement compris les 8 ou 900 personnes qui, sans sollicitation et sur la simple présentation d^une liste, ont donné leur adhésion au projet d^association.
Peut-on admettre qu'en France, dès aujourd'hui, le mot de bibliothèque implique d'une manière assez générale l'idée de lecteurs ?
Il me semble qu'il devrait en être ainsi, par^ ticulièrementdans un département où M. le préfet nous signalait près de 900 écoles pour 500 communes, et qui occupe l'un des premiers rangs dans les statistiques de l'instruction pri-
maire. Où Tutilité de la lectare serait-elle mieux comprise?
La yéritè est quMci comme ailleurs, bien des villes paraissent se préoccuper beaucoup plus de la conservation des milliers de volumes empilés sur des rayons, que de la nécessité de les faire lire.
On objectera Pindifférence, la paresse, tran* chons le mot, du public ! Je u^y verrais qu^un motif de plus de réagir contre de vieilles habitudes.
Pour remédier à cet état de choses, la marche est tout indiquée ; elle consiste simplement à songer au lecteur ou à celui qui doit le devenir, avant de songer au livre; à se pénétrer sans cesse de cette idée qu^avant tout, il faut faire lire; à choisir avec discernement plutôt qu^a accumuler ; à multiplier ce qui est bon, plutôt qu^à collectionner, et surtout à faciliter, par tous les moyens possibles, rechange et la circulation générale des livres. (Sous ce dernier rapport il y aurait beaucoup à faire !)
Sans doute, ce n^est pas dans ces conditions que se forment les bibliothèques à Tusage des savants, mais on fait mieux : on crée celles à Pusagc du grand nombre ; on se met à la portée de tous ceux qui veulent cultiver leur esprit et développer leur instruction, laissant aux grandes villes le soin de pourvoir à la fois aux besoins des uns et des autres.
Cest sans doute ce but bien accusé d^utilité générale, dans la plus large acception du mot, qui explique la composition du comité de la