PROGRAMME DE LA LIGUE
blicaine, de crier : • Vive le roi! i, dans une ligue royaliste de crier : c Vive la république ! • n saute aux yeux que ce n^est plus là de la liberté, si ce n^est la liberté de changer de camp. De même dans une ligue d^enseigncment sans polémique, on ne peut évidemment réclamer le droit de polémique, sans se retirer de Fassociation dans laquelle on était entré.
Je ne saurais trop insister sur ce point, qui est capital. L'oubli de toute considération étrangère au grand intérêt public qu^il s^agit de servir, Palliance franche et loyale sur ce terrain-là d^hommes de toutes les opinions, j^entends de ceux qui Taccepteront, c^est là le principe môme et la raison d^étre de notre ligue. Là est sa force et son avenir.
Dois-je ajouter que c^est sa condition actuelle d^existence ?
k quoi bon t
Nous serions sous le régime des Etats-Unis d^Amérique si le régime des Etats-Unis était possible avec un peuple ignorant, nous aurions tous le droit sans limites de faire de renseignement en prêchant, chacun à notre guise, nos doctrines personnelles, que ce serait encore le meilleur moyen d^en faire, le plus efficace et le plus patriotique, en présence des résistances à vaincre dans notre société même, toute forme de gouvernement mise à part, de proclamer la trêve des doctrines entre ceux qui savent, afin quMls puisse unir leurs forces et travailler de concert au profit de ceux qui ne savent pas — je veux bien oublier la loi de solidarité qui fait
ici du dévouement un acte intéressé. — Tant qu^il y aura en France une population d^hom-* mes ne sachant ni lire ni écrire, on pourra se rassembler de confiance des quatre coins de Phorizon intellectuel pour s^occuper d'eux. Il sera toujours temps de travailler chacun de son côté quand on parlera d'ouvrir des cours de philosophie dans nos villages.
Avec un pareil programme, dont Pexécution loyale doit être assurée par la présence simultanée au sein des groupes des éléments qui peuvent se combattre ailleurs, iL n'est à craindre pour personne que la Ligue devienne la chose d'un parti politique quelconque, ni qu'on fasse une machine de guerre de ce qui a été imaginé pour être un instrument de travail.
Si de cette organisation multiple et complexe, qui est en train de se faire d'elle-même d'ua bout du pays à l'autre, il pouvait jamais sortir un parti ce serait le parti des hommes qui, dans tous les camps, mettent le bien public et l'amélioration sociale au-dessus de leurs aspirations personnelles, le parti de l'apaisement des mépris et des haines, la Ligue de la Paix à l'intérieur.. Ceux qui ont des objections à faire à la formation de ce parti-là feront bien de se mettre en travers du chemin de la Ligue de l'enseignement. Elle y contribuera sans aucun doute, si elle prend le développement que je la crois appelée à prendre.
Ceci pour l'abstention politique^
Une lettre que je viens de recevoir me dispensera de rien dire de mon chef sur l'abstention religieuse. Je cède la parole à un négociant de