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PHILOSOPHIE DB LÀ LIGUE

terrain religieux et politique, le seul sur lequel on puisse bfttir en grand, qu^elle ne pouvait espérer, et ne compte en effet d^adhërents sérieux de travailleurs utiles, que parmi les citoyens actifs, je veux dire : agissants, et les hommes sincèrement religieux.

Je m^explique.

% la^ répartition plus équitable, entre tous les membres de la grande famille humaine, du trésor de connaissances, le patrimoine commun, est posée comme une œuvre de justice sociale et de fraternité, elle devient par cela même une œuvre éminemment religieuse, dans le sens pratique et universel du mot.

Les religions ont leurs dogmes,, leur culte, leur sacerdoce, par lesquels elles diffèrent, et au nom desquelles elles se combattent; mais au fond de renseignement de toutes, de toutes celles du moins auxquelles nous pouvons avoir affaire, se retrouve la loi du sacrifice volontaire aux idées de justice et de fraternité humaine. Cette loi, catholiques, protestants, juifs, maho* métans, la reconnaissent également. C^est pour tous un commandement divin dans lequel ils peuvent tous communier, et ceux-là mêmes qui ne voulant ni dogmes, ni culte^ ni sacerdoce, se font une sorte de point d^honneur de renier le mot de religion, ceux-là acceptent comme les autres le commandement divin de toutes les religions. Je ne sais pas d^école au soleil qui Tait rayé de son programme. Quelle que soit Tépithéte qu^ils lui aient trouvée, la sanction qu^ils lui conçoivent^ ils peuvent se donner ta

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main avec les autres quand ils viennent lui rert^ dre Phommage véritable, celui de la pratique, et je les crois alors plus religieux, ne leur en déplaise, que ceux qui Penveloppent de for-^ mules sacrées, pour la fouler ensuite aux pied& par les actes.

C^est Pacte en effet qui fait Thomme religieux, ce n^est pas la formule ; c^est Tobéissance à la loi du devoir, et non pas sa conception métaphysique, et la controver^ ne peut pas suivre ceux qui montent ensemble, dû même cœur, à Taccomplissement du devoir universel d'amour et de justice. Sa place est plu» bas, dans la région tourmentée où Ton se maudit pour des affirmations et des cérémonies.

De même en politique.

Tous les partis ont leurs hommes de bonne volonté, comme toutes les religions. Aucun ne saurait, sans disparaître, afficher un autre but à poursuivre que le bien général du pays, et parmi les moyens de le réaliser quMls préconisent à Tenvi, il en est un qui n'a nulle part de contradicteur sérieux, c'est le développement de l'instruction populaire. Plus les populations seront éclairées, mieux elles seront aptes à discerner la forme de gouvernement qui leur offre le plus de garanties de prospérité : cela ne se conteste pas au grand air. On y perdrait toute autorité morale si on l'osait.

Et pour laisser de côté la question des formes de gouvernem^fit, Pintérét majeur, évident, de toutes les classes de la société à se sentir rapprochées par l'intelligence, à repousser loin

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