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PHILOSOPHIE 0E LA LIGUE

G^esi Paciion commune qui est illimitée, et la surveillance administrative, je suis bien force de le rappeler, — ne se ferait pas faute d'intervenir à Toccasion, si le principe même de Tœuvre ne la dispensait d'user de cette prérogative délicate, qui est moins une force pour le pouvoir qu'un embarras.

Voici, du reste, ce qu'en disait le premier numéro de ce bulletin, à une époque où cette question de l'intervention administrative pouvait paraître plus inquiétante qu'aujourd'hui. Je ne vois rien à en retrancher :

Nous serions sous le régime des Etats-Unis d'Amérique si le régime des Etats-Unis était possible avec un peuple ignorant, nous aurions tous le droit sans limites de faire de renseignement en préchant» chacun à notre guise» nos doctrines personnelles, que ce serait encore le meilleur moyen d'en faire, le plus efficace et le plus patriotique» en présence des résistances à vaincre dans notre société même, toute forme de gouvernement mise à part, de proclamer la trêve des doctrines entre ceux qid savent, afin qu'ils puissent unir leurs forces et travailler de concert au profit de ceux qui ne savent pas, — je veux bien oublier la loi de solidarité qui fait ici du dévouement un acte intéressé. — Tant qu'il y aura en France une population d'hommes ne sachant ni lire ni écrire, on pourra se rassembler de confîance des quatre coins de l'horizon intellectuel pour s'occuper d'eux. Il sera toujours temps de travailler chacun de son côté, quand on parlera d'ouvrir des cours de philosophie dans nos villages.

Avec un pareil programme, dont l'exécution loyale doit être assurée par la présence simultanée au sein des groupes des éléments qui peuvent se combattre idlleurs» il n'est à craindre pour per-

aonne que la ligue devienne la chose d*un parti politique quelconque, ni qu'on fasse une machine de guerre de ce qui a été imaginé pour être un instrument de travail.

Si de cette organisation multiple et complexe, qui est en train de se faire d'elle-même d'un bout du pays à Tautre, il pouvait jamais sortir un parti, ce serait le parti des hommes qui, dans tous les camps, mettent le bien public et l'amélioration sociale au-dessus de leurs aspirations personnelles, le parti de l'apaisement des mépris et des haines, la Ligue de la Paix À Tintérieur.

Puisse-i-il se faire bientôt, ce parti-là ! Nous en avons besoin.

SITUATION GËNfiUkLE

DE L'ŒUVRE DE LA LîfiUE AU 15 HM MM (1)

Le rapport adressé aux adhérents, le 15 novembre dernier, sur la première année de propagande, n'avait eu à signaler qu^un seul cercle régulièrement constitué le Cercle Messin, autorisé par aarèté du préfet de la Moselle du 28 juin 1867.

Le progrès réalisé dans les six mois qui se sont écoulés depuis est déjà sensible.

Trois cercles de villages se sont constitués aux alentours de Metz :

1** Ârs-sur-Moselle : président, M. Remaury ;

S'* Remilly : président, M. Valette maire de Remilly ;

3"* Soigne : président M. Jules Pâté, médecin cantonal.

Une Société des cours d'adultes, fondée à Ars, il y a douze ans déjà, par M. Revel, s^est ralliée à la Ligue, en conservant son existence indépendante, et il y a là maintenant en réalité deux cercles de la Ligue, chacun avec ses cours et sa bibliothèque, qui fonctionnent Tun à côté de Tautre, sans se nuire, il s'en faut.

(1; Bulletin n* 1.

LHnielIigente administration de M. Valette, un ligueur de la veille, qui s^est consacré tout entier depuis de longues années au développement de rinstruction dans sa commune, laissait peu de chose à faire au Cercle de Remilly. Il a mis dans ses Statuts : La Société ayant des adhé^ renls dans les villages voisins y étendra son action.

J^ai cru devoir citer ces deux exemples. Ils me paraissent répondre victorieusement aux objections de ceux qui ne voient plus rien à faire là où quelque chose estdéjà fait.

Deux cercles existent actuellement en Alsace :

1^ Le Groupe Colmarien : président, M. Louis Chauffeur ;

3^ Le Cercle Mulhousien : président, M. Auguste Dollfus.

Ils sont au début et n^ont pu encore se mettre à Pœuvre. Le Groupe Colmarien a déjà acheté les premiers livres de sa bibliothèque qu^il a installés dans une salle de Pancienne mairie, où se feront ses cours.

MM. Charles Muller et Bindschelder rencontrent le même obstacle à Thann, pour le Cercle qu'ils ont entrepris d'y fonder. Je viens de dire ce que je pense de cet obst^cle-là ; mais plût au ciel qu'on pût le rencontrer dans toutes nos villes, grandes et petites !

A Giromagny, le docteur Benoit et le maire de la ville, M. Beigeol, ont fondé une Société des amis de l'/nstruction populaire^ dont un envoi spécial (1) a fait connaître à tous les

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