‹ Les origines de la Ligue de l'enseignementChapitre 61 sur 89 · I II I I I ■ I I I I IM · texte numérisé non relu

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(1) Je tiens la pièce à U dispoMtioa de tons ceaz qm la désireronU

membres actils de la Ligue les statuts et les premiers travaux. Le Cercle Mulhousien a fait figurer eu première ligne daus son programme Pœuvre de la société de Giromagny. Elle mérite d^en trouver une partout. Nous y reviendrons.

Un avoué de Nancy, M. Tisserand, avait mis en circulation, il y a plusieurs mois, avec Paide de quelques amis, les premières listes d^adhësion au Cercle Nàncéien. Une réunion préparatoire a eu lieu le 20 avril, à Peflet d^arriver à Torganisation définitive. Le prochain bulletin en donnera probablement des nouvelles.

A Reims, le Comité Rémois, présidé par M Cadet, professeur au lycée, compte déjà près de 450 membres, et le docteur Thomas, son vice-président, m'assurait le mois dernier que ce chiffre ne tarderait pas à être plus que doublé quand les démarches entamées depuis assez longtemps déjà pour obtenir l'autorisation administrative auraient euGn abouti. La Société industrielle de Reims a mis ses salles à la disposition du Comité de la Ligue pour la bibliothèque qu^il a fondée, et les cours quUl se propose d'ouvrir.

À Châlons-sur-Marne, une commisson provisoire, formée au mois d'avril, a accepté la tâche de Porganisation du Cercle Ghâlonnais. Des promesses ont été faites pour Epernay. A Laon, la Ligue est représentée par M. Baillet, le secrétaire actif et dévoué de la Société des Bibliothèques communales de l'Aisne^ qui a couvert, en deux ans, le département de bibliothèques ru-

raies. Elles ne saurait manquer de prendre pied sur un terrain si bien préparé, et la Champagne ne tardera pas, on peut Pespérer, à entrer tout entière dans le mouvement.

Deux cercles sont déjà régulièrement constitués en Normandie :

1® Le Cercle dieppois: président, M. Féret ;

2^ Cercle de Pont-Audemer : président, M. Charles d'Osmoy, conseiller général.

Deux autres sont envoie de formation :

i^ Le CtTcle rouennais, dont le siège provisoire est chez M. Viénot, agréé;

2® Le Cercle havrais, dont la commission provisoire est présidée par M. Bielefeld, négociant.

M. de Montant, ingénieur des ponts et chaussées, à Bernay ; M. Delise, avocat, à Lisieux ; H. Talleau, chef du mouvement de la gare de rOuest, à Caen, ont accepté la mission de fonder des cercles de la Ligue dans leurs villes, et la Normandie sera, selon toute apparence, une des provinces de France où le mouvement d'organisation des cercles prendra le plus vite des proportions sérieuses. Il aura suffi, pour le déterminer, de quelques hommes dévoués et persévérants, parmi lesquels les autres me pardonneront de citer seulement MM. Emile Lebon et Heutte, les fondateurs des Cercles de Dieppe et de Pont-Âudemer,et M. Viénot, à Rouen.

Le Cercle versaillais, fondé par une femme qui a consacré sa vie aux œuvres du bien public, Mme Hippolyte Meunier trouve à cAté de lui la société présidée par M. Edouard Charton, le directeur du Magasin pittoresque^ laquelle a orga-

nisé déjà une bibliothèque et des conférences populaires. Le personnel des deux sociétés est à peu près le même comme il arrive souvent en pareil cas : il est probable que la première se transformera en un comité de dames qui se donnera la mission spéciale de renseignement des jeunes filles.

DansPTonne, MM. Charles Moiset, à Saint- Florentin ; Savatier-Larocbe et Gustave Perriquet, le rédacteur de la Constilulion^ à Auxerre, travaillent à organiser une société départementale qui se donnera pour tâche de faire établir des bibliothèques et des conférences populaires, à l'imitation de ce qui existe déjà à Auxerre. Ce sera le début de la Ligue en Bourgogne.

J'ai peu de chose à dire encore des pays de la Loire. Des sociétés d^instruction y existent sur plusieurs points ; mais je ne vois à y porter au compte de la Ligue que les efforts, jusqu^à présent infructueux, tentés à la Châtre par M. Robin-Duvemet pour y fonder un cercle local, c Dans nos provinces du centre, m^écrivait-il ces jour-ci, nous courbons plus qu^ailleurs sous Fbabitude française d^attendre Pinitiative du pouvoir pour constituer une œuvre quelconque. > C^est une habitude qui se perdra : Texemple des uns rendra le cœur aux autres.

J^allais oublier que c^est dans le Centre, à Cbevilly, un village du Loiret, qu^a été constitué par M. Barillon, en dehors de toute intervention administrative, le premier Cercle de la Ligue qui ait fonctionné en France. Son histoire vaut la peine d^étre racontée à part. Je la réserve pour un des prochains numéros de notre bulletin.

M. Cézanne, ingénieur en chef de Pexploitationdes chemins de fer du Midi, et Marc Maurel, négociant à Bordeaux, ont pris Pinitiative de Porganisation du Cercle bordelais. Plusieurs réunions préparatoires ont eu lieu déjà, et dans quelques jours sera lancé le projet de statuts présenté par un comité provisoire de vingt membres. Bordeaux est la première ville de France qui ait fourni une liste d^adhérents à Pidëede la Ligue : il était sûr qu^elle serait une des premières à la mettre à exécution.

Nérac comptait, il y a déjà plus d^un an, 240 adhérents à la Ligue, recruté, par M. Sébastiens Mauget et quelques jeunes gens de ses amis. Ils ont obtenu, le 24 février dernier, de M. Lo-* rette, le nouveau préfet de Lot-et-Garonne, Pautorisation de constituer le Cercle néracaisj qui a M. d'Andiran aîné pour président, c Environ trois cents ouvrages donnés, m'écrivait-il avant-hier, quatre cents achetés seront le fonds de notre bibliothèque, qui va ouvrir ces jours-ci. A Pautomne prochian, nous espérons pouvoir faire des conférences et lectures instructives, principalement à Pusage de la classe ouvrière . Nous voulons aussi essayer d^établir des cours d'histoires, de géographie, de mathémathiques, de dessin, etc, Enfin, nous espérons dans Pavenir. i C'est ce que l'on pourra dire partout où Pon se mettra en marche. Il suffit ici de partir pour être certain d'arriver. ,

La Ligue n'a pas de cercle attitré à Toulon ; mais le nom seul y manque. Il existe là, depuis plusieurs années, une société qui a fondé, une

des premières en France, une bibliothèque et des conférences populaires. Les cours d^adultes ont été organisés en grand par l'administration municipale, qui s^est mise à la tête du mouvement d^instruction dans la ville, et les nombreux adhérents delà Ligue, recrutés par M. Margelle, Padjoint au maire, se sont groupés autour d\ine Caisse des Ecoles^ dontPœuvre est à peu près la même que celle de la Société de Giromagny. Nous reparlerons de cette institution qu^une circulaire de M. Duruy du 12 mai 1867 recommandait à tous les préfets et sur laquelle pourront se reporter les bons vouloirs, là où les circonstances locales feront obstacle à la création d^un cercle en nom de la Ligue. On peut faire bon marché du nom quand on tient la chose.

J^ai reçu au commencement du moin le prospectus lancé par la commission provisoire de la Ligue de l'Enseignement dans le département de l'/sére^ et quelques jours après, une lettre de M. Brajon, le gérant àeV Union de Crédit de Grenoble, m^apprenait que I3 nouvelle société venait d'être autorisée»

n s^en prépare une semblable pour la Drôme, à Valence, où la Ligue a trouvé, dès le premier jour, un partisan actif et dévoué dans M. Frandon, le directeur AeV Universelle^ la plus large et, sans contredit, Pune des plus vivantes de nos sociétés coopératives. La Drôme a déjà, toute prête à se rallier à la Ligue, sa Société des Bibliothèques communales^ fondée à DieulePit par un simple instituteur, M. Coueslant, un des premiers propagateurs de bibliothèques populaires en France,

un de ceux dont j^avais Pexeinple sous les yeux quand j^aî commencé, il y a cinq ans, le mouve* ment d^où la Ligue est sortie.

Lyon possède le plus intéressant, à mon avis, de tous les cercles de la Ligue, celui dont Pexempie me parait le plus utile à citer, le Cercle des Travailleurs du quartier des BroUeaux (président M. Cartier), fondé entre eux pour s^instruire par ceux-là mêmes dont'' il s^agit, dans la Ligue, de développer l'instruction. Le bulletin du 15 mai 1867 avait emprunté au journal la Coopéra^ lion une lettre très-intéressante de M. Edouard Pfeiffer, le président AeVUniotidesArbeiler-Ve^ reine du Wurtemberg, sur ces sociétés ouvrières d'instruction dont TAllemagne est couverte, et qui ont contribué pour une si large part au progrès social de la classe ouvrière dans ce pays. La question a été reprise dans le Travail^ par M. Victor Somer, qui invitait avec une chaleureuse conviction Pouvrier français à entrer dans cette voie, si féconde en résultats de toute sorte. L^on aura eu Phonncur de voir éclore, au mois de novembre dernier, notre premier cercle des travail-leura, une importation allemande à laquelle le génie national aura bientôt donné son cachet particulier (1).

Une Société semblable s^est formée depuis entre ouvriers tisseurs dans le département du Nord, la Société tf épargne et de lecture d^Armen-

(1) Voir une petite brochure intitulée : Une journée du Cercle des Travailleurs du quartier des Brotteaux, On pourra la demander à M. Ghapitet, teneur de livres, 43, rue de Créqui, à Lyon.

tiéres (président, M. Henri Grave), qui compte déjà quatre-vingts membres, et M . Longuemare , le gérant de la Société de Crédit miUuelj qui a son siège au n^ 2 1 de la rue du Faubourg-Saint- Antoine, s^occupe en ce moment avec ses amis de la création du Cercle des Travailleurs du faubourg S aint^ Antoine.

Elle viendra prêter main fofte, il faut l'espérer, au Cercle des Associations coopératives de Paris essayé Tannée dernière par M. Léon Walras, laquelle aurait été la première en date de nos sociétés ouvrières d^instruction, sans la station faite par ses statuts dans les cartons administratifs. Ce qui est nouveau a peine à se produire dans notre singulier pays, dont on ne saurait dire sMl est le plus aventureux ou le plus peureux de tous ; mais ceci ne sera pas longtemps nouveau. Les imitations ne manqueront pas. M. E. Robert, le secrétaire de la commission provisoire du Cercle Havrais, mVcrit en note, sur une épreuve de la déclaration qui va être lancée, au nom de la Ligue, dans tout Parrondissement : t Nous allons travailler à populariser au Havre Tidée d^un Cercle populaire^ que je considère comme notre premier objectif . t C^est aussi, je crois bien, l'objectif que va se donner M. Talleau, à Caen. M. Frédéric Petit se Test déjà donné à Amiens. Il en a été parlé à Strasbourg, où le voisinage de PAUemagne rendra la chose plus facile qu^ailleurs. Usera souvent question dans notre Bulle-

(2) Cette déclaration serait à faire lire i tous ceux qui nient Topportunité de la Ligue et soutiennent qu'elle ne peut trouver rien à faire.

tin de ces institutions qui sont appelées à jouer un rôle si important dans Pœuvre de la Ligue.

J'en dirai autant du Cercle de l'Enseignement scientifique: une institution naissante, qui a son siège provisoire chez M. Bazaine, ingénieur, 84, rue d'Amsterdam, à Paris, et dont voici le programme sommaire :

La Société se donne pour but de venir en aide à tous ceux qui entreprendront des cours ou conférences populaires d*astronomie, cosmographie, géographie, géologie, physique, chimie, sciences naturelles, en leur facilitant l'acquisition, dans les meilleures conditions possibles d'économie et de simplicité, des appareils et des moyens matériels de démonstration.

Elle recherchera tout ce qui s'est fait dans ce genre, soit en France (1), soit à Tétranger» et mettra à Tétude ce qui peut se faire encore.

Elle fait appel aux lumières des hommes de science et au concours pécuniaire de tous les amis de rinstruction populaire.

Je n'ai pas besoin d'insister sur Pimpoptance des services que ce cercle-là pourra rendre aux autres. Elle sera comprise du reste par tous ceux qui auront pensé déjà à faire des cours populaires de sciences, et qui auront re-

(1 j Un premier appareil, aussi simple qu*ingénieux' et destiné à donner, entre les mains de tout homme instruit, une démonstration frappante des mouvementa de la terre et de la lune, a fonctionné déjà devant une partie de la commission provisoire du Cercle, qui l'a reconnu excellent. II coûte 10 francs avec sa boite d'emballage, arrangée exprés pour le transport à la main, Pt se trouve chez Tremeschini, ingénieur-constructeur, 13, passage Feuillet, rue des Ecluses-Saint- Martin, à Paris.

culé devant la difficulté de se procurer le matériel nécessaire pour les démonstrations. Les premières signatures et les premières souscriptions ont été recueillies seulement à la fin du mois d^avril, et je n^ai pas encore la liste définitive de la commission provisoire. En voici le commencement :

Baxainb, ingénienr.

Arlé8-Dupour père.

Love, président de It Sodété des ingénieurs civils.

Raoul DuyAL, ingénieur,

Emile Avoïer, membre de l'Académie française .

Jules Duval, directeur de VEconomiste français,

FéLix Foucou, ingénieur.

Flaimarion, astronome.

Ces noms me paraissent un gage suffisant de vitalité pour la Société naissante, qui ne pouvait trouver un berceau entouré de plus de garanties que celui qu^elle a.

Tai réclamé Thonneur de faire partie de la commission pour lui servir au besoin d^intermémëdiaire dans rétablissement des relations du Cercle avec les autres groupes ; mais je inMmagine que je n'y serai pas nécessaire, et que les relations s^établiront bien d^elles-mémes.

Le groupe Parisien, présidé par M. Flammarion, dont je signalais Inexistence dans le rapport du 15 novembre, s'est déjà mis à Fœuvre. Avec un effectif de 133 membres et un encaisse de 532 fr. 50 c, suivant Tétat qui m^a été envoyé le 26 janvier, le Cercle Parisien pour la propagande de l'instruction dans les départements est entré bravement, sans plus attendre, dans Texercicede ses fonctions. Il a déjà envoyé un secours

de 100 fr. à un instituteur de la Haute-Marne, pour le couvrir des frais de son cours d^adultes, dont il a seul la charge, et déterminé la fondation de deux bibliothèques communales à Champigny, dansPEure, et Verrières, dans la Vienne, par une allocation, à la première commune, de 50 fr. ; à la seconde, de 40 fr. La commande de livres faite par la commune de Verrières vient de passer entre mes mains. Elle se monte à 172 fr. 50, preuve assez claire du résultat moral obtenu. Ceux qui ne conçoivent Taction qu^en grand, du premier coup, trouveront peut-être que cela ne vaut pas beaucoup la peine d^en parler. J^y vois Tabime qui sépare peu de rien, Pacte de Tenvie d^agir, et avant qu^il soit longtemps, j^en ai la certitude, plusd^une commune devra des remercimcnts à M. Emmanuel Vauchez, Pintrépide et sage organisateur du Cercle parisien (1)

Au mois de février, une réunion des adhérents de la Ligue à Paris avait eu lieu dans les bureaux de la Coopération sans résultat pratique, faute à la réunion, autant que j^ai pu le deviner, d'avoir su se borner dans ses aspirations. M. Ernest Hendlé, qui en avait été le promoteur, a trouvé depuis une œuvre déterminée à proposer. Il vient de mettre en avant le projet d'une société pour la création à Paris d'une école professionnelle de la coopération. C'est un enseignement spécial, à l'adresse des nombreuses familles de travailleurs engagées déjà à Paris ou prêtes à s'engager dans

(1) On peut s'inscrire chez le trésorier du Cercle» M. Leyniarie, tailleur, 9, rue de ProTence.

les sociétés coopératives, et qui doit se fonder principalement, aux termes de la coopération, par le concours de ceux qui sont appelés à en profiter. Une commission provisoire s^est chargée d^élaborer un programme et de rédiger un projet de statuts pour la nouvelle société, dont le siège actuel est chez M. Ernest Hendlë, 10, rue Bleue, à Paris.

Enfin, au moment où j^ëcris ces lignes, j^apprends qu^une réunion de professeurs libres va se tenir danslesburcaux du Crédit au Travail^ 20 rueMagnan, pour constituer une société coopérative de producteurs d^instruction, si Ton veut bien me permettre Pexpression. Le professeur est un travailleur comme les autres, qui chôme trop souvent, au détriment commun aussi bien qu^au sien, faute d^avoir sous la main Pinstru* ment de travail qui lui est nécessaire, je veux dire une salle de cours et le matériel d^enseignement, Fatelier et les outils. Il peut se le procurer, comme les autres, par Passociation, et rien ne saurait mieux servir le mouvement de la Ligue dans Paris qu^une organisation de cours populaires payants, telle qu^elle doit sortir de cette association d'un genre tout nouveau, dont on ne sera pas longtemps à reconnaître la sérieuse utilité, si elle parvient à se fonder sur des bases solides.

Telle est, en raccourci, la situation générale de Pœuvre de la Ligue, au moment où commence la présente publication. Elle pourra plus tard être curieuse à comparer avec celle que donnera la dernière livraison, car le progrès conti-

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nu de Pœuvre me parait hors de doute, maintenant plus que jamais.

Quelques-uns trouveront peut-être qu'après dix-huit mois de prédication, ce n'est pas encore assez. D'autres trouvent, à ce qu'il parait, que c'est déjà trop. Enfin, un mécontent anonyme, qui en est encore à s'olTusquer du mot de Ligue, déclarait l'autre jour, dans le Courrier de l'Isère que c'est inutile, et nous comparait à la mouche qui va se poser sur le nez du cocher, le cocher I du char du progrès, i s'il vous plait.

À tout cela je n'ai qu'une réponse à faire, celle que je faisais à notre ami de la Châtre, pour le rassurer sur le résultat final de ses efforts :

Le mouvement d*assocîatîon des citoyens en faveur du développement de Tinstruction populaire, ce mouvement qui se déclare aux quatre coins de la France, à la fois, répond à un besoin trop profond de notre société, telle que le suffrage universel Ta ffidte, pour qu'il y ait un doute à conserver sur son compte, tant qu'il se maintiendra dans les limites de l'inattaquable. Ainsi restreint à cette modeste et souveraine ambition de propager l'instruction, sans plus, on pourra le maudire, le railler, le contrarier ; on pourra le proclamer dangereux, insuffîsant, inutile : personne ne l'empêchera de passer.

Undercle nouveau vient de se former à Saint- Dié, dans les Vosges.

On a procédé comme à Rouen.

Dans l'après-midi du dimanche 21 juin, une réunion des adhérents de la Ligue a eu lieu chez H. Ruyc, dans laquelle le Cercle de Saint-^Dié de la Ligue de renseignement s'est déclaré constitué. La commission provisoire, composée des membres présents, a nommé sur-le-champ son bureau:

PréBident, M. Blondin père, ancien maire de

SaÎDUDié :

Vice-président, M. Royer, avocat ; Secrétaire, M. Bardy, pharmacien; Trésorier, M. Baldensperger, fabricant; Bibliothécaire, M. Meyer, avocat.

Une somme de 200 francs, souscrite séance tenante par les personnes présentes,, et versée entre les mains du trésorier comme fonds de première mise, a permis à l'assemblée de voter avant de se séparer l'acquisition d'un premier fonds de livres et d'appareils de démonstration scientifique, et de confier à son bureau le soin des frais préliminaires de propagande.

Tout cela s^est fait en deux heures.

Le lendemain, M. Bardy, le promoteur de la

(1) BaUetin n* 2 "^

réunion, citez qui la Société avait fait élection de domicile provisoire, entrait en exercice de ses fonctions en adressant à ï Impartial de VEst^ à Nancy, un compte-rendu de la séance, qui a été tiré à part et distribué dans Tarrondissement.

Des listes d'^adhésions, établies sur le modèle de celles du Havre, ont été mises immédiatement en circulation.

J^ai reçu avant-hier une affiche convoquant pour dimanche prochain 19 juillet, dans la grande salle de Thôtel de ville de Saint-Dié, la première assemblée générale des adhérents de la Ligue, dont voici Tordre du jour :

V Rapport sur la sUualion de la Ligue.

2* Discus$io9i du projet de statuts présenté par la commission provisoire du Cercle.

â* Nomination du comité définitif.

Pour peu qu^on fasse diligence, le comité qui sera nommé le 19 juillet, à demander Pautorisation des statuts votés par rassemblée générale, les bureaux de la prélecture des Vosges à Texpédier, il n^aura guère fallu qu^un mois an cercle de Saint-Dié pour traverser toutes les phases préparatoires de sa constitution définitive. Il est en mesure, dès à présent, d^'ouvrir sa bi» bliothèque et de commencer ses conférences, s^il veut se mettre à Tœuvre sans désemparer.

Le 5 juillet, une réunion semblable à celle de Saint-Dié a eu lieu chez M. Pierre DoUfus, un fabricant de La Poutroye (Haut-Rhin), et là auss un cercle a été constitué, une somme de 100 francs souscrite, et une première acquisition d^ap pareils de démonstration votée séance tenante.

Le cercle de La Poutroye n^aura pas à se préoccuper d^achats de livres au commencement. Il trouve sur son terrain, en arrivant, une bibliothèque riche déjà de plus de 600 volumes, fondée, avec Paide de la Société des bibliothèques communales du Haut-Rhin, par M. Jean- Baptiste Àncel, un cultivateur du hameau du Grand-Trait, qui a déjà établi plus de trente dépôts de livres dans les villages et les hameaux de la montagne. Il a été convenu que les abonnés de cette bibliothèque se rallieront au Cercle de La Poutroye, qui, tout. d^abord, en prendra la gestion.

Le reste viendra ensuite, et, pour commencer M. Pierre DoUfus va joindre à Técole primaire qu^il a dans sa fabrique une école d^adultes dont il se fera lui-même le professeur, et une salle de lecture chauffée et éclairée à ses frais. Le docteur Àbel Claude, qui assistait à la réunion du 5 juillet, s^occupe d^en faire établir une à Orbey. Une dame, qui fait partie de la commission provisoire, s'est chargée d^organîser un cours d'instruction pour les filles du pays.

M. Demenge, un fabricant des Vosges, s'est mis en campagne à Raon-1'Etape. c Après les encouragements assez nombreux que j'ai reçus de tous les côtés, m'écrit-il, il ne me reste qu'à me souhaiter assez de courage et de lumières pour remplir la mission dont je me trouve chargé. > Elle le sera sans aucun doute : ce sont là des souhaits qui se réalisent toujours. Il suffît de les former.

M. Décembre^Alonnier, le directeur de la

Bibliothèque encyclopédique moderne^ in^aùnonçait le mois dernier qu^il se préparait, avec quelques amis, à fonder un cercle de la Ligue à Dreux.

Je viens d^apprendre que des réunions préparatoires ont été décidées à Lure et à Remiremont, et M. Daumas m^écrit de Marseille, le 28 juin, quMI a pris en main, avec M. de Pleuc, la fondation d^un Cercle phocéen de la Ligue de l'En^eignemenij pour laquelle il a déjà Passurance du concoursde quatre à cinq conseillers municipaux. A Lyon, M. Chapitet a entrepris celle du Cercle Lyonnais. La commission chargée d^élaborer un projet de statuts a déjà été nommée dans une réu-^ nion préparatoire qui s^est tenue chez lui.

Enfin aujourd'hui même je reçois le Nouvel^ liste de Melun du 11 juillet, où je lis ces lignes :

Le projet de fonder à Melun une Ligue de l'Enseignement poursuit son cours. Le nombre des adhérents augmente, et très-prochainement les statuts seront soumis à Tapprobatiou pour que la nouvelle association puisse se constituer légalement.

Le journal donne les noms de ceux qui recrutent pour le Cercle de Melun. Ce sont :

MM. Robillard, conseiller municipal, président de la Société cantonale des instituteurs ;

Kerckhofs, professeur de FUniversité ;

Du(Nré, pharmacien ;

Leroy, secrétaire de la Société archéologique.

On reçoit aussi les adhésionsdans les bureaux du Nouvelliste et de V/ndicateur.

Ainsi posée et soutenue, Taffaire ne peut manquer d^aboutir.

Ceci est la part du nouveau.

Il me reste à signaler ce qui s^est fait dans les cercles mentionnés, il y a deux mois, au premier numéro de ce bulletin.

L^événement, sans contredit, le plus important pour la Ligue est Finauguration du nouveau droit de réunion faite à son profit par les promoteurs de la Société dont je parlais le 15 Biai dernier, et qui se donnera pour but la création à Paris d^une Ecole professionnelle de la coopération.

M. Ernest Hendlé m^a envoyé la pièce suivante, que je reproduis telle quelle: elle a pour moi une valeur historique.

Vetidredi prochain 19 juin^ à 8 heures du soir

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