DÉLIBÉRATION DU GROUPE HAYRÂIS
ment. C'est le «Ytai moyen de ne pas le rencontrer dans notre chemin, et le moyen aussi de diminuer cette omnipotence qui Pécrase, en nous habituant à nous passer de lui. Il ne s'en trouvera pas mal, et nous nous en trouverons bien.
La Circulaire aux Groupe» en voie de formation j publiée le 2 avril 1867, indiquait très-nettement la part qui revient de droit aux Cercles de la Ligue dans la campagne nationale à organiser pour rendre chez nous l'instruction obligatoire :
On peut, sans entrer dans Tôcole, 8*occuper des enfants qui restent dehors, faire la chasse aux parents coupables d'oubli ou d*expIoitatîon prémarturée, subventionner au besoin Ilndigence pour Tempôcher d'enfanter llgnorance, décréter en un mot rinstruction obligatoire autour de soi par décret privé, à défaut d'un décret public.
Je sais bien qu'il est plus commode de dormir sur l'oreiller d'une loi, et je ne fais pas difficulté de reconnaître que les efforts privés n'auront jamais, dans l'état actuel de nos mœurs civiques, l'efficacité d'une loi. Mais pour être de la Ligue, on n'a pas cessé d'être citoyen, et les membres des cercles qui sont convaincus de l'efficacité de la loi n'ont qu'à faire leur devoir de citoyens, en travaillant, comme ils l'entendront, à la faire voter.
Quant aux cercles eux-mêmes, le meilleur appui qu'ils puissent donner ici, c'est le spectacle de leurs efforts pour suppléer à la loi qui n'existe pas. Ils trouveraient difficilement un agent de propagande plus puissant que cette prédication
par les actes, et Ton se résignera d^autant plus facilement à toter la loi qu^on verra plus d'hom* mes à Pœuvre pour la rendre inutile*
J^ajoQterai que nous sommes ici en présence d'une question controversée. Po^lr moi, et beau* coup d'autres, elle est jugée ; elle nç Pest pas pour tout le monde. Ou je me trompe fort, ou Ton ne sera pas partout d'accord dans les cercles, je ne dis pas sur l'opportunité de la manifestation qu'on leur demande, mais sur le principe môme de laloi réclamée. Appeler la Ligue tout entière à arborer ce drapeau-là, ce serait s'exposer à jeter la discorde dans ses rangs, et provoquer des désertions. Il en est qui trouvent bon que les enfants aillent à l'école, qni s'emploieront, si l'on veut, de leur personne à les y faire aller, et qui trouveront mauvais qu'on fasse une loi pour les y forcer. Qu'ils, aient tort ou non, là n'est pas la question. Il y a tant d'autres points sur lesquels nous pouvons ne pas être d'accord dans la Ligue, auxquels nous nous abstenons de toucher à cause de cela. On fera bien de ne pas toucher non plus à celui-là.
Le groupe havrais, en prenant l'initiative de ce mouvement d'agitation, et en s'efforcanl d'^y entraîner les autres cercles, a usé du droit que nous avons tous dans la Ligue, de dire et de faire ce qui nous parait utile à la cause de l'instruction populaire. Il me pardonnera si j'use du mien pourdéconseiller ce qu'il a conseillé, et les cercles qui, s'inspirant du même sentiment que lui, sentiment que je partage, je tiens à le répéter, auront jugé bonde s'associer à sa démonstration