‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 20 sur 87 · Livre parfait, parce que dépositaire des secrets de Dieu · texte numérisé non relu

Livre parfait, parce que dépositaire des secrets de Dieu

leur raison et science... Si on les espluche de près, on trouvera que le tout n'est que fard qui s'escoule. »

4. Ibid., I, 5, 12. « Il reste que Dieu parle luy-mesme pour testifler de soy. »

et comme rempli de sa présence, « voye certaine qui nous guide et nous empesche d'errer et de nous perdre; vraye règle pour nous enseigner au vray service de Dieu, bref, eschole de toute sagesse, pasture unique de nos âmes ^ ». — Mais qui nous garantit cette certitude, cette identité entre la Bible et la Parole de Dieu? Le Catholicisme avait répondu : « l'autorité de l'Église ». Le grand corps qui garde la Parole nous certifie son authenticité comme sa vérité... « Je ne croirais pas à l'Évangile, avait dit saint Augustin, si je ne croyais à l'Église. » Mais quoi? Faire dépendre le Verbe de Dieu du jugement des hommes? « Rêverie et mensonge !... » « Comme si la vérité éternelle de Dieu estoit appuyée sur la fantaisie des hommes! » L'Évangile est antérieur à l'Église, supérieur à l'ÉgHse : il a créé l'Église, et non l'ÉgHse l'Évangile. Subtils, qui voulez des preuves, vous ne les trouverez point dans des critères extérieurs et humains. Ouvrez et lisez... L'Écriture porte en elle-même sa certitude. Quelle majesté et quelle éloquence! Dans quels poèmes, quelles philosophies, trouverez-vous unie à une telle simplicité pareille force de convaincre? Quel livre plus ancien nous a été gardé par une tradition plus continue? Quelles œuvres confiées aux mains des hommes ont été moins altérées? Quelle doctrine fut mieux confirmée par des miracles éclatants, la piété des saints, e sang des martyrs^? Mais qu'avons-nous besoin de preuves. Notre assurance vient d'ailleurs. Celui qui nous a instruits de sa Parole nous dispose à y croire. Il certifie en nous sa vérité en la « scellant » de son Esprit '.

L'Esprit. Tel est bien en effet le « maître intérieur » qui opère en nous. Son action est double. Il « éclaire notre

^ 5. Inst. chrét. (1560), I, 7, 1. Ibid., 2. « L'Église en recevant l'Escriture Sainte... ne la rend pas authentique, comme si auparavant elle eust esté douteuse ou en différent; mais pour ce qu'elle la cognoist estre la pure vérité de son Dieu, elle la révère et honore. »

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