‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 21 sur 87 · Ibid. et (1560), III, ii · texte numérisé non relu

Ibid. et (1560), III, ii

entendement, et donne entrée en nos cœurs à la Parole ». Par lui <i nous ne croyons pas à nostre jugement ou à celuy des autres que l'Escriture est de Dieu. Mais nous arrestons indubitablement qu'elle nous a été donnée de la propre bouche de Dieu ^ ».

Cet esprit qui grave en nos cœurs la Parole, nous en ouvre le sens, n'est-il pas « révélation, vérité, sapience, lumière? » Son assistance a été promise à tous les croyants, afin qu'ils puissent sans tromperie apprendre quelles choses leur sont données de Dieu. Et enfin, il nous « testifie » que nous sommes « enfants de Dieu » et sous sa garde. — Par lui est créée en nous cette conviction parfaite qui entraine une soumission parfaite, et donne aux pauvres consciences ébranlées et vacillantes « un certain et asseuré repos ^ ».

La Parole s' intériorisant en nous par le « témoignage » et le « ministère » de l'Esprit, la connaissance religieuse soudée à une expérience religieuse, la vérité appréhendée, non par des procédés rationnels, mais par un acte de foi, cette foi elle-même pure de tout alliage humain, puisqu'elle n'est pas notre œuvre, mais une illumination divine, tel est bien, pour Calvin, le fondement de la croyance. Dans ce rapport de l'âme et de Dieu, nul intermédiaire. L'homme a le sentiment d'être uni directement à l'infini, il n'a plus qu'un maître. Dieu même qui lui parle et lui donne l'intelligence de sa Parole. Nous retrouvons ici un des principes du nouvel Évangile.

Au nom de ce principe, Lifther avait rejeté le magistère doctrinal de la papauté. Il avait opposé l'Évangile à l'Église. Mais au sein même de la Réforme se levaient à leur tour d'autres docteurs qui dressaient l'Esprit contre l'Évangile. « L'Esprit de Dieu », disait Carlstadt, « auquel toutes choses doivent être soumises, ne peut être sujet à l'Écriture ». Formule hardie qui plaçait, en définitive, dans la conscience

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