‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 24 sur 87 · II, XI · texte numérisé non relu

II, XI

oiseuses ou les spéculations frivoles. Gardons-nous de toute spéculation qui, dépassant le texte révélé, ne voit dans les merveilleux récits qu'un symbolisme. « AUégoriser » la Bible est la torturer. Tel a été le défaut des Pères, qui, à l'exemple d'Origène, n'y ont trop souvent cherché que des figures. Telle l'erreur des « spirituels » qui n'admettent que le témoignage intérieur. La Bible est un livre historique. Croyons à la réalité de ses données. Nous ne faisons aucune difficulté d'admettre que Dieu ait fait le monde en six jours, comme si « bâtir le monde de jour à autre ne feust pas chose décente à sa puissance ». N'en déplaise à Copernic, Josué a bien pu arrêter le SoleiP^. Nous n'avons point à expliquer, à disséquer les miracles, encore qu'ils heurtent notre raison. A Dieu, rien d'impossible. L'exégèse se bornera donc à vérifier le texte, à l'épurer des scories qui l'altèrent, à comprendre le sens des mots. Y introduire des concepts rationnels serait ramener la Bible à une philosophie. L'Écriture a révélé à l'homme ce qu'il lui était nécessaire de savoir. Passer outre, c'est vouloir pénétrer les secrets de Dieu.

A quelles difficultés devait conduire ce littéralisme, Calvin avait pu s'en convaincre dans ses controverses. Et lui-même sera le premier à s'évader de son système, quand ses adversaires prétendront l'y enfermer. Il renoncera au sens littéral, pour défendre contre Luther sa doctrine de la Cène. Contre Castellion, c'est bien une allégorie qu'il trouve dans le Cantique des Cantiques. Et enfin il est bien forcé de reconnaître que, dans certaines de ses définitions, l'Eghse primitive s'est servie de termes inconnus de l'Écriture 1*. Où trouve-t-on, par exemple, dans la Bible, les mots d'essence, d'hypostase, de personnes, qui ont permis aux Pères de Nicée de définir la Trinité? Il dit lui-même dans V Institution : « Il y a une mesure à garder... Nous devons

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