‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 25 sur 87 · IV, IX, 13; X · texte numérisé non relu

IV, IX, 13; X

certainement emprunter à l'Ecriture notre règle de penser et de parler... Mais qui nous empêche de formuler en termes plus clairs des vérités scripturaires qui paraissent ambiguës à notre entendement?... » Innovations nécessaires pour confondre les « calomniateurs » ou les hérétiques. Il se peut donc que la pensée chrétienne dépasse l'Écriture. Mais ici encore, dans ce travail, elle n'est pas libre. Elle doit s'appuyer sur un assentiment universel. Et voici que dans l'élaboration doctrinale reparait la tradition.

Vous êtes donc catholique? — Non pas. Cette tradition, nous entendons la définir. Entre elle et le donné divin, pas plus d'opposition possible qu'entre l'Esprit et la Parole. La tradition est subordonnée à l'Écriture. Elle s'étaye sur l'Écriture; elle tire sa force de l'Écriture. Elle ne confirme la révélation qu'autant qu'elle s'y conforme. Nous voulons, en outre, « qu'elle ne repose pas sur quelques textes pris çà et là, à tort et à travers, mais sur le consentement perpétuel des Saints et des Docteurs ^^ ». (Erasme avait-il dit autre chose?) — Et par surcroît, nous savons où elle commence et où elle finit. La tradition, c'est le christianisme primitif : les apôtres, saint Paul, les « plus anciens docteurs ». C'est aussi le Symbole, l'interprétation que les premiers siècles chrétiens ont donnée des vérités évangéliques. Ce sont encore les définitions dogmatiques promulguées par les quatre conciles généraux : Nicée, Ephèse, Constantinople, Chalcédoine. Nous ne songeons point à briser avec l'antiquité : toute théologie vraie sera conforme à sa théologie. — Mais nous n'allons pas plus loin. La tradition légitime est le consentement d'une Église où fleurit la pure Parole de Dieu. — Et cette interprétation collective et authentique fait loi.

Aussi bien, quelque liberté que Calvin garde envers les Pères, quelque soin qu'il prenne à définir, à circonscrire

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