‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 26 sur 87 · IV, X · texte numérisé non relu

IV, X

la tradition, le voici amené, à son tour, à invoquer sa valeur et, peu à peu, à étendre son rôle. Aux défenseurs du catholicisme qui l'accusent de la rejeter, il riposte qu'au contraire il la continue. « Il n'y a rien dans notre doctrine qui soit discordant, soit de la Sainte Écriture, soit du sens commun de l'ancienne Église... Nous avons meilleur accord avec l'antiquité chrétienne que vous^^. » Aux théologiens de la Réforme qui prétendent interpréter l'Écriture dans un sens différent du sien, il oppose la tradition. Il l'invoque contre l'anabaptisme : « Cette doctrine (la survie de l'âme) a bonne approbation de l'Escriture, mais aussi des anciens docteurs ^\.. » C'est sur les Pères également, saint Augustin et saint Chrysostome, qu'il prétend appuyer sa doctrine de la Cène. Et c'est surtout dans la dispute trinitaire qu'il donne au consensus toute son ampleur. S'il entend réfuter Servet à l'aide de textes scripturaires, il se retranche sur le terrain plus solide encore de la croyance commune des premiers siècles. Il ira plus loin. Si en 1560, dans la dernière rédaction de son Institution, il garde sa doctrine fondamentale du témoignage de l'Esprit, il n'en inscrit pas moins, parmi les raisons « humaines » de croire à l'Écriture, la tradition unanime. « Il ne faut pas estimer cela comme rien que par tant d'aages qui ont esté depuis que l'Escriture a esté publiée, il y ait eu un perpétuel consentement en l'obéissance d'icelle ^^... »

Une interprétation collective, une interprétation autorisée, voilà en définitive son point d'arrivée. Et à mesure que s'organise son Église, que s'étend son système doctrinal, s'accuse la réaction contre la liberté de la croyance et l'individualisme religieux. — L'inspiration intérieure est-elle donc un critère de la foi? — Mais telle est l'astuce du Mauvais, qu'il nous suggère comme un appel de TEsprit les

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