‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 27 sur 87 · I, VIII · texte numérisé non relu

I, VIII

fantaisies du sens propre... La Superbe : voilà le fléau qui de tout temps a troublé l'Église. Elle a enfanté les hérésies. Elle suscite les dogmatisants et les prophètes sans titre. On voit bien « cet orgueil d'estre noté à part, quand l'homme qui n'est qu'un ver de terre monte sur le siège de Dieu, pour exercer sur les âmes une judicature qu'il se réserve à luy seuP^. » Anathème sur les « spirituels », qui font servir la Bible à leurs foUes. Anathème sur les autodidactes, Bolsec, CasteUion, Servet, qui osent penser par eux-mêmes et se perdent dans l'hérésie et le blasphème. Et, comme les superbes, excluons les inquiets, les curieux, les frivoles. « Il y a des hommes pour qui c'est une volupté de fatiguer leur esprit de questions épineuses. » Ils prétendent scruter le mystère et n'ouvrent la Bible que pour y « voltiger ^'^ ». Excluons enfin les ignorants, les simples, la foule. C'est une mauvaise méthode de juger la vérité à la majorité. On ne saurait compter les « erreurs crasses du vulgaire, qui sont presque infinies ». Sufiit-il de parler de l'Évangile pour le comprendre? « Il y a de malheureuses gens qui, sans moyens, sans autorité, sans intelligence, dès qu'ils ont commencé à en avoir plein la bouche, se mêlent de discuter... Quand ils possèdent trois syllabes de l'Écriture, ils se gonflent du titre de sages..., abusants de l'Évangile, qui ressemblent à des roseaux agités à tous les vents!... Dieu nous garde de tituber avec la foule ^i! )> — Mais l'Église primitive a autorisé, favorisé ces inspirations individuelles, ces commentaires spontanés où chacun enseignait ses frères en exprimant sa foi? — Voire... Ces âges ont disparu. L'Éghse ne connaît plus de prophètes. Nul n'y peut justifier d'une révélation particulière. Interpréter la Parole n'est donné qu'à ceux qui, appelés, éprouvés, ont reçu, comme les apôtres, mission de prêcher, et, formés aux

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