‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 28 sur 87 · Cf. I, IX · texte numérisé non relu

Cf. I, IX

Saintes Lettres, joignent à l'illumination intérieure le raisonnement, le savoir, la compétence. Entendons ces docteurs et ces pasteurs 22.

Voilà donc une autorité nouvelle qui se constitue. Qu'elle soit fondée sur l'Écriture, qu'elle trouve dans l'Écriture ses titres comme ses limites, elle ne s'en élève pas moins audessus des consciences individuelles. L'Église de « la Bible », comme celle de la tradition, n'en connaît pas moins des « enseignants » et des « enseignés ».

Finalement, cette Église qui nous instruit, nous parle comme Dieu lui-même, nous dit ce qu'il faut croire ou ce qu'il faut rejeter, nous donne la certitude que « demeurer » en elle est demeurer « dans la vérité ».

Par là s'achève l'évolution qui, dans le tumulte d'idées provoqué par la révolution religieuse, reconstitue dans ses rangs une règle doctrinale et une puissance spirituelle. Affranchir l'homme de la vieille Éghse n'a pas été lui rendre l'autonomie de sa foi. Il rentre dans les cadres d'une ÉgHse nouvelle. Quel que soit le canal qui lui porte la vérité, il y trouve une vérité. Devant cette vérité, il n'est pas libre. Il n'a pas le droit moral de la discuter, de l'interpréter, de s'y soustraire. Qu'il s'incline et se soumette « comme à une chose eslevée par dessus la nécessité d'estre jugée ^^ ». — Mais s'il y a une religion vraie, légitimes sont donc les formules, les confessions de foi qui l'expriment. Et par là le monde revient à une orthodoxie. — Si ces formules elles-mêmes sont immuables, au corps qui en a le dépôt appartient d'en garder le sens, d'en écarter les nouveautés, bref, de juger de la Foi. Partant sont restaurés le consentement des Églises et les synodes. Enfin, comme la vérité seule a des droits, non l'erreur, que les fils de Dieu ont le devoir de la répandre et de la défendre, l'intolérance dogmatique ne se sépare point de l'orthodoxie. Toute nouveauté

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