Institut. (1560), IV, xx. Du Gouvernement civil
guerre est juste quand elle est faite, dans l'État, pour réprimer une sédition; par l'État, pour repousser une agression *. Mais la guerre n'a pas « sa fin » en elle-même. Elle ne doit tendre qu'à « chercher » la paix.
A ces droits répondent des devoirs. L'État met au service de la communauté ses juges, ses administrations, son armée. Il est le protecteur né des libertés, des biens, des personnes. Tous ces devoirs sont contenus dans un mot : la justice. Et c'est pourquoi l'État est législateur. — « La loi est l'âme de l'État. » Belle formule que Calvin fait sienne. Et ainsi peut-on dire qu'étroitement unie à la puissance publique, « la loy est le magistrat muet, comme le magistrat, une loy vive ». Mais quel sera le fondement de la loi? La volonté du législateur? La force? La coutume?... Seule est juste, seule mérite l'obéissance, la loi qui répond d'abord à cette notion gravée dans nos cœurs, l'équité. Et cela ne suffit pas. Elle doit encore se conformer à la loi divine ^. Dieu a fixé lui-même dans son Décalogue les règles éternelles que les lois positives doivent appliquer. Elles doivent défendre ce qu'il défend : l'idolâtrie, le blasphème, les jurements, le faux témoignage, l'homicide, le vol, la fornication, l'adultère. Elles doivent prescrire ce qu'il prescrit : honorer Dieu et le servir purement. La loi humaine n'a donc point uniquement pour but de déterminer les relations des hommes entre eux. Elle a encore la charge « de bien ordonner la religion ». De cette union du droit public et de la morale, Calvin va faire sortir toute sa théocratie.
A ces droits et à ces devoirs de l'État répondent enfin ceux de ses membres ^. Il en est deux : le respecter et lui obéir.
« La supériorité du magistrat est de sa nature digne d'honneur. » Que les fidèles se gardent donc de « contemner »