‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 43 sur 87 · Trad. de · texte numérisé non relu

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Le sens juridique et social de Calvin, qui lui permet de réintégrer dans la théologie une doctrine de l'État, lui fera donner à l'institution de l'Église toute sa valeur i.

Qu'est donc l'Église? Dans sa lutte contre Rome, Luther l'avait définie une fraternité d'âmes unies par l'amour. Et à l'Église de l'Histoire et du Droit, il avait opposé l'Église de la Sainteté et de l'Esprit, société idéale, invisible, qui n'a pas besoin pour se réahser d'une forme corporelle et apparente. Peu à peu, il est vrai, à mesure que le luthéranisme se propageait, son docteur était revenu à l'idée d'un « corps » de chrétiens. Mais sa théorie du sacerdoce universel, son indifférence des formes extérieures, son horreur du Droit, avaient comme désarticulé ces communautés naissantes; et il avait laissé au prince le soin de les organiser comme de les diriger. — Tout au contraire, Calvin : s'il admet l'existence d'une Église invisible qui est la communion des Saints, sa pensée s'attache beaucoup plus à cette Église positive et terrestre que le Christ a fondée. Il consacre à la définir toutes les ressources de sa doctrine, et à l'organiser, toutes les énergies de son action.

Cette Église visible a le Christ pour centre et pour chef. Nous la reconnaîtrons à ces « enseignes » : la prédication de la Parole et l'administration des Sacrements 2. Ne l'imaginons point, tels les spirituels, une société de parfaits^. De la perfection intérieure. Dieu seul est juge. L'Église ne connaît que les dehors. Y sont appelés tous ceux qui acceptent ses doctrines et ses lois et à qui l'initiation est conférée par le Baptême. Ainsi tous chrétiens y peuvent trouver place; les pécheurs comme les justes, les réprouvés comme

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