‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 44 sur 87 · Cf. IV, VIII · texte numérisé non relu

Cf. IV, VIII

les élus. L'ivraie peut se mêler au bon grain : Dieu fera le partage. — Ne disons pas non plus comme Luther ou Zwingli, qu'elle n'est qu'un ordre extérieur, dont les formes et les lois nous soient indifférentes.

L'Église a reçu du Christ son institution. Plus encore, elle est le corps du Christ. C'est donc être incorporé au Christ que lui appartenir. Par elle, nous participons à sa lumière comme à sa vie. Elle confirme notre foi. — « En tant seulement que nous demeurerons dans son sein... en nous le vrai demeure... Que l'ÉgHse se trompe sur toutes les choses qui touchent à la définition de la foi, cela ne peut estre, puisqu'elle est la colonne, l'appui de la vérité *. » Elle est la sphère où agit la grâce. « Si l'homme ne peut, sans secours extérieurs, cheminer dans la Grâce, où trouverait-il, sinon dans l'Église et par elle, les Sacrements qui nous la donnent? » Elle est enfin « l'ancre » qui nous sauve. A part quelques privilégiés que Dieu a choisis sans leur donner la lumière de l'Évangile, c'est par l'Éghse que nous sommes certains de notre vocation. « Nulle entrée en la vie permanente, sinon que nous soyons conceus au ventre de ceste mère... » L'Église nous enfante à l'éternité. Calvin fait sienne la vieille formule : hors d'elle, pas de salut.

Voilà donc défini le caractère de l'Église, comme démontrée sa nécessité. Église une, car on ne peut « déchirer » le Christ. Église universelle, parce que, répandue sur toute la terre, elle s'adresse à tous les hommes. Église infaillible et sainte, parce qu'elle enseigne et sanctifie ses membres. Et par là est rétabli, entre la conscience et Dieu, cet intermédiaire que la Réforme primitive avait rejeté. Le fidèle ne peut plus alors s'isoler dans la lumière radieuse de sa foi individuelle. Calvin l'encadre. Langage inconnu de la Réforme française, et où résonnait comme l'écho des grandes doctrines de ce Cathohcisme que Calvin avait abandonné.

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