IV, I
Et ce qui n'est pas moins nouveau dans la Réforme ellemême, c'est l'organisation qu'il donne à son Église et le rôle éminent qu'il y assigne à l'autorité.
L'Église primitive lui sert de modèle. Diacres, « anciens », pasteurs seront les représentants de l'organisme ecclésiastique ^. Mais leur caractère sacré a disparu. Les ordres ne sont plus que des offices. Aux diacres, l'assistance des pauvres et la distribution des aumônes; aux « anciens » (héritiers du presbytérat), l'administration du patrimoine et la charge, partagée avec les pasteurs, de la discipline 5- Au pastorat, le ministère, et comme « la superintendance » des âmes. Dans l'Église réformée, le pastorat va prendre un rôle prépondérant '.
Calvin s'en fait une très haute idée. Il écrira, en 1537, dans le Catéchisme de Genève : « ...Qu'ilz osent hardiment toutes choses par la paroUe de Dieu de laquelle ilz sont constituez dispensateurs ; qu'ilz contraignent toute la vertu, gloire et haultesse du monde donner lieu et obéir à la majesté d'icelle parolle; qu'ilz commandent par icelle à tous despuis le plus grand jusques au plus petit; qu'ilz édifient la maison de Christ; qu'ilz démolissent le règne de Sathan; qu'ilz paissent les brebis, tuent les loups, instruisent et exhortent les dociles, arguent, reprennent, tensent et convainquent les rebelles, mais tout en la parolle de Dieu^ » Cette « puissance », droit de lier et de délier du ministère, en quoi consiste-t-elle? En trois choses : la prédication, l'administration des sacrements, la poHce des âmes et la discipline.
Prêcher, tel est bien le premier, le plus grand devoir du pasteur. Il est le ministre du Verbe. Le Christ a confié son message aux apôtres, avec ordre de le répandre. Or les pasteurs continuent les apôtres. Comme eux, ils parlent en son nom. Et Dieu même nous fait commandement