IV, V
8; Op. Calv.i XXII, col. 71.
exprès de l'ouïr. Avec quelle vigueur Calvin fulmine contre ceux qui sont « induits par orgueil ou par présomption ou par desdain ou par envie à se persuader qu'ils profiteront en leur privé... mesprisent les réunions publiques et pensent que la prédication est superflue... » Dans l'Église de Calvin, la prédication est le fonds même du culte. A Genève, il sera prêché quatre fois par semaine, et le dimanche deux fois. Le prêche remplace la messe et les vêpres et, comme la messe, deviendra obligatoire. Bien endoctriner le peuple, lui exposer droitement le texte et le sens de l'Ecriture, réfuter les erreurs, exciter le zèle, nourrir la piété, est encore le meilleur moyen de propager et de maintenir la religion.
Cet office n'est pas le seul. Voici maintenant le ministère d'édification et de grâce, celui qui consiste, par les sacrements, à fortifier la vie chrétienne ^ Si Calvin ne nie pas la validité du Baptême conféré par un simple fidèle, il prescrit cependant qu'il soit donné « en l'église », et déclare « son administration... liée au ministère de la Parole ». Il doit être une cérémonie publique et les pasteurs tiendront registre du nom des baptisés. Surtout, c'est par leurs mains que sera distribuée la Cène. « La dispensation leur en est commise », et il est encore de leur office d'admettre ceux qui en sont dignes, de « repousser » ceux qu'ils jugent criminels ou sacrilèges. Mais cette intervention dans la vie chrétienne ne suffit pas à Calvin. Le Réformateur a pu rejeter les autres sacrements du Catholicisme. Il n'associe pas moins le ministre à certains actes, à certains rites qui en gardent le souvenir. Il lui laissera l'imposition des mains, à l'exemple des apôtres ^'^. Il l'invitera à bénir le mariage. Et, enfin, après avoir attaqué la confession auriculaire comme un joug intolérable, contraire à l'Écriture i\ il