‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 54 sur 87 · Î6. IV, XX · texte numérisé non relu

Î6. IV, XX

de superstition. Son rôle ne se borne pas à ces défenses. Protéger l'Eglise, c'est mettre la puissance de la loi au service de ses ministres. Au magistrat de s'assurer de l'obéissance qui leur est due, de faire respecter leurs décisions. A lui encore de veiller sur « la police » du culte, l'observation des dimanches, l'assistance à la prédication et aux ofTices. Contre la tiédeur, les résistances, les insolences des fidèles, il est armé : Dieu a mis entre ses mains le glaive. Qu'il en use contre les impies et les méchants.

La puissance du glaive ^M... Par quel paradoxe la révolution religieuse déchaînée au nom de la liberté des âmes allait-elle la revendiquer à son tour? Il a fallu toute l'autorité de Calvin pour oser retourner contre les adversaires de sa Réforme cette arme dont la Réforme primitive avait dénoncé l'emploi avec horreur. Et il a fallu aussi toute la casuistique de Calvin pour la justifier. Ne lui rappelez pas que la force est inhumaine, que le Christ l'a défendue aux siens. Ni les apôtres, ni les Pères n'en ont proscrit l'usage. Quant au Christ, que ceux qui l'invoquent citent son témoignage! Ne lui dites pas non plus que défendre Dieu par le glaive, c'est absoudre tous les persécuteurs, ceux de Huss, de Berquin, de tous les « frères » livrés aux flammes pour avoir cru à l'Évangile... Il distinguera. La force satellite de l'erreur est une barbarie; soldat de la vérité, elle s'appelle la justice. La vérité seule entre bourreaux et victimes. Ce n'est pas le supplice, mais la cause qui fait les martyrs. Mais il faut punir sans haine, légalement, suivant les formes, après avoir tout fait pour réfuter et convaincre.

Le Traité sur la punition des hérétiques est de 1554 ^^. Que l'on compare ces doctrines à celles d'Erasme sur la tolérance religieuse, aux appels passionnés de Luther sur la liberté des âmes, aux protestations émues de Castellion

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