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LA RÉPRESSION LlXiALE 323
L'œuvre du Parlement était ardue. L'édit de Fontainebleau avait été enregistré sans résistance. On s'aperçut vite des difRcultés que soulevait la procédure nouvelle. La loi créait un précédent même dans le droit public. Punir les hérétiques était juger de l'hérésie. Voici donc nos magistrats érigés en théologiens. Mais dans le désarroi doctrinal, ce tintamarre d'opinions, de discours, d'écrits, alors que les gens d'Église sont divisés, que les orthodoxes sont accusés d'errer et des « dévoyés » se proclament orthodoxes, où est le vrai christianisme? En l'absence du Concile promis et attendu, qui fixera les frontières des croyances, et décidera entre ceux qui se réclament d'un même Christ et d'un même Évangile? Va-t-on dans chaque cas renvoyeî* aux évêques?... Cette fois encore le Parlement dut appeler la faculté de théologie à son aide. Elle se chargea de dresser la liste des livres réprouvés et les articles des vérités à admettre. En conséquence, 'en 1542, elle arrête le premier Index des écrits hétérodoxes 2. Et, en 1543, elle formule en 24 propositions les doctrines qu'il sera prescrit de croire et interdit de contester. Mais lier les consciences n'est point lier la justice. Il faut que les articles de foi deviennent des articles de loi. Le 23 juillet 1543, François I^r donne une sanction officielle au formulaire. Enfin, les juges ont des textes ^. Plus de discussion possible. Il n'y a qu'à confronter opinions ou propos incriminés avec les définitions officielles; on ne demandera plus aux hérétiques s'ils sont en règle avec le dogme, mais s'ils pensent et s'ils parlent comme l'édit.
Seconde difficulté. — En séparant les degrés de la procédure, l'édit de 1540 risquait de rompre funité de la justice. Que les rouages inférieurs s'arrêtent ou se détendent, tout l'appareil de répression est enrayé. Tout d'abord, le pouvoir central y a pourvu. Le roi enjoint à ses officiers, aux dignitaires ecclésiastiques, évêques, officiaux, inquisiteurs,