PREFACE XI
Tour se faisait de l'histoire, et au généreux dessein d'une œuvre qui, dans sa pensée, devait être consacrée au grand réformateur, mais aussi, et par derrière lui, à la France. Car « la France seule nous intéresse », avoue Imbart sur un de ces feuillets épars où il avait commencé de noter, de sa fine écriture, les idées maîtresses qu'il comptait développer dans sa Préface.
« L'histoire, écrivait-il, a une grande vertu d'apaisement. Je ne me flatte point d'apporter des solutions définitives. L'histoire, comme toute science, se corrige sans cesse, et tout érudit devrait avoir devant les yeux la belle devise de Fustel de Coulanges : Quaero, je cherche.
« Je souhaite simplement, comme récompense de ces études, qu'elles se continuent. Le xvi^ siècle est une des époques les plus fécondes et les moins bien connues de notre histoire. Ici, le champ est immense. Pourquoi nos jeunes historiens n'auraient-ils pas l'ambition de le défricher? La plupart des documents sont encore en jachère : archives politiques, administratives, judiciaires sont à peine explorées. Nous possédons cependant les registres presque complets de nos Parlements, les délibérations d'un grand nombre de nos villes, la correspondance du pouvoir central avec les provinces, les relations des ambassadeurs étrangers ou de nos propres ambassadeurs.
« Quand ces travaux d'approche auront été opérés, nous pourrons nous faire une idée exacte et écrire une histoire complète de la révolution religieuse. On comprendra mieux ainsi la Réforme française et sa grandeur morale. Mais on sera aussi