‹ Les origines de la réforme (volume 2)Chapitre 70 sur 87 · Cf. F. Décrue, Anne de Montmorency, Paris · texte numérisé non relu

Cf. F. Décrue, Anne de Montmorency, Paris

nomination aux offices qui ne passe par ses mains. Les ambassadeurs ne peuvent approcher le roi sans l'avoir entretenu. Il garde, le plus qu'il peut, la connaissance des affaires, se rendant ainsi indispensable ^. De quel regard ombrageux il suit les exploits de ses émules, les Guise! Après Renty, il ne tient qu'à lui d'envahir les Pays-Bas, de pousser sur Bruxelles, et peut-être de terminer la guerre. Mais Renty est une victoire de François de Guise. Le connétable tergiverse, s'arrête et finalement se retire. La France, cette fois, crie à la trahison ^^. Tout au moins imprévoyance et inertie, entêtement sénile. Au demeurant, un soldat à la carrure de reître, aux mœurs rudes, qui réprimera avec la dernière rigueur la révolte de la Guienne; non un politique. Son programme se résume en un mot : la Paix. « Il la désire, écrit le nonce en 1552, comme chrétien, comme vieillard, et parce qu'il se trouve en bonne situation ^^ ». Evidemment, la paix est pour lui un moyen de tenir.

Cette ambition, nous la retrouvons chez les Guise. Mais de quelle autre allure! C'était une belle famille que ces cadets de Lorraine qui avaient mis leur épée au service de la France. Leur père, Claude, leur oncle, le cardinal Jean, avaient déjà joué un rôle sous François I^r. Mais leur réputation fut vite éclipsée par la gloire de leurs héritiers. De son mariage avec Antoinette de Bourbon, Claude avait eu sept enfants, six fils, dont trois seront d'Eghse, et une fille, Marie, qui épousera Jacques V, le roi d'Ecosse. Jeunes, actifs, séduisants, poussés par la faveur du roi et l'appui de la favorite, entrés les uns et les autres dans les grandes charges de l'Eglise et de l'Etat, enfin étroitement unis, faisant bloc pour l'honneur du nom et la grandeur de la famille, leur astre monte à l'horizon de l'histoire. Que ne

Page 1