Cf. Romier, ibid., p
visent-ils pas? Peut-être un trône? Dans leurs archives, ils ont trouvé des parchemins, ceux de la Maison d'Anjou, souche de celle de Lorraine. L'un d'eux, François, a épousé Anne d'Esté, petite-fille de Louis XII par sa mère, Renée de France. Le voici cousin du roi. Qui sait encore? Une tiare? A la mort de Paul III, on parle du cardinal Jean, comme d'un candidat possible. En 1554, son neveu, Charles, caresse l'espoir de succéder à Marcel IL Assurément ils sont nés coiffés. Au moins chez les deux aînés, les qualités de l'esprit et la valeur morale sont à la hauteur de la fortune et de l'ambition ^2.
Bravoure, audace, sang-froid, générosité, tels sont les traits qui distinguent l'aîné, François, duc d'Aumale, puis de Guise à la mort de son père. — Un homme de guerre, le plus grand sans nul doute de son époque. Son premier exploit est un coup de maître. En 1552, Metz est assiégée : on la tient pour perdue. Il se jette dans la place, organise la défense, ravitaille les habitants et délivre la ville. En 1557, engagé dans la folle aventure de Naples, il réussit à sauver ses troupes. Rappelé lui-même après le désastre de Saint- Quentin, il part, quoique miné par la fièvre, ramène ses gentilshommes, couvre la France et prend en main la direction de la campagne, en huit jours enlève Calais et court soumettre Thionville. Ces talents militaires firent l'admiration de ses ennemis eux-mêmes. Le vaincu de Metz, le duc d'Albe, lui rend publiquement justice i^. Son entrain, sa bonté naturelle, ses gestes ou ses réparties chevaleresques lui gagnent le cœur de l'armée comme de la noblesse. Chargé avec le connétable de réprimer la révolte de la Guienne, il laisse à Montmorency les représailles. Lui pardonne, pacifie et désarme par la douceur ces rebelles où il ne voit que des Français i-*. Il trouve enfin dans l'action ces mots