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Brantôme, IV

14. Un autre exemple de la courtoisie de Guise nous est donné par Brantôme. Il nourrit, équipe des blessés espagnols et les renvoie dans leurs foyers.

qui portent et qui entraînent. L'ennemi qui assiège Metz a tiré 7.000 coups de canon... « Qu'ils tirent tout ce qu'ils voudront », écrit-il à son frère, « et vienne à l'assaut toute l'Allemagne, la Flandre, l'Espagne et ce qu'ils ont d'Italiens : ils ne me feront dire jamais mot et autre langage sinon de mourir ou rendre compte à mon maître de ceste ville... » Guines est-elle menacée, il avance l'argent pour fortifier la ville, bien résolu, pour la garder au roi, c'est-à-dire à la France, de mettre « jusqu'à sa chemise ^^ ... » Dans un tel homme, la France se retrouve. Elle l'admire comme un héros, et Paris l'acclame comme une idole. Les poètes mêmes s'en mêlent. Ronsard célèbre en vers enthousiastes le sauveur de Metz, et quand Guise revient d'Italie, c'est l'Hospital qui l'accueille par ces vers, écho du sentiment public :

« Ou toi seul rétabliras notre fortune, ou elle périra à jamais...^^'. »

Cet élan, cette spontanéité, il ne faut point les demander au frère cadet, Charles '^\ Archevêque de Reims à dixhuit ans, puis revêtu de la pourpre, il continuait les traditions ecclésiastiques de la famille. Lui sera le politique. Une distinction supérieure, un accueil courtois, des manières affables, lui assurent déjà un ascendant incomparable. Mais il a plus encore le prestige que donnent le savoir et la culture. Théologien, il est un adversaire redoutable dans la controverse. Il connaît à fond les langues anciennes, l'italien et l'espagnol. Il n'est pas moins un passionné d'art. Il se plaît à réunir des tableaux, des statues ou des médailles, et il pensionnera le Primatice. Il fondera une université à Reims et y introduira l'imprimerie. Mais il est né sur-

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