Mémoires- journaux
16. Ronsard, Harangue du duc de Guise aux soldats de Metz. L'Hospital, Œuvres, t. III : Pièce latine sur le retour du duc de Guise.
17. Naturellement les jugements portés sur lui sont assez diftérents. II nous manque une bonne histoire du cardinal, de son zèle religieux et politique. Et il est regrettable que sa correspondance, qui a une valeur de premier ordre, ne soit même pas publiée.
tout pour l'action. L'abondance et l'élégance du verbe, la dextérité de l'esprit, la souplesse des moyens, le goût et le génie de l'intrigue, le préparent à manier les affaires comme les hommes. Ecoutez Brantôme, qui cependant ne l'aimait guère : « Il est universel, parlant bien de toutes choses, aussi bien des mondaines que des divines, entendant les affaires d'Estat de la France, voire d'autres pays estrangers ^^ » Et ce cardinal de la Renaissance ajoutera encore à ces dons la gravité de la vie et l'austérité des mœurs. Un saint, dira le légat Farnèse qui se connaît en hommes; tout au moins une âme religieuse qui, dans une cour trop libre et un clergé trop souvent corrompu, fera honneur à l'habit qu'il porte et aux croyances qu'il défend. Tout le secret de son influence est là. « Si j'avais telle élégance que M. le Cardinal de Lorraine », disait Théodore de Bèze, « j'espérerois convertir et rendre moitié des personnes de la France à la religion de laquelle fay profession 1^. )) Comment s'étonner que le charme opère sur le roi lui-même? Henri ne pouvait se passer de lui, émerveillé de ses ressources, de sa connaissance de l'Europe, de cette information sans laquelle l'homme public n'est qu'un bavard vide et la politique qu'une rhétorique. Au Conseil, il lui laissera toujours, malgré les égards dus à Montmorency, l'initiative de l'action extérieure et les « choses de la religion ». Peut-être un grand ministre, si les événements lui avaient permis de donner sa mesure, et si le goût de l'intrigue, une certaine précipitation, une humeur brouillonne, n'avaient obnubilé en lui la vision de l'homme d'Etat. Il n'eut jamais cette maîtrise de soimême qui subordonne les moyens à une fin et ce sangfroid, cette sérénité des âmes fortes qui savent attendre parce qu'elles sont sûres d'elles-mêmes et qu'elles travaillent pour F avenir.