Cf. Romier, ibid., II, p
protestante haletait; Muhiberg semblait avoir anéanti ses forces. L'électeur de Saxe, Jean-Frédéric, le landgrave de Hesse, prisonniers, les villes évangéliques, Augsbourg, Ulm, Magdebourg, tombant les unes après les autres, les prédicants chassés, le luthéranisme se sentait perdu. Il ne restait plus aux confédérés qu'une ressource : se jeter dans les bras de la France. Sans doute, tout un parti y répugnait, ceux qui, comme Bucer, effrayés de la ruine de l'Allemagne, pleurant sur ses divisions, haïssaient dans le Très Chrétien le persécuteur de l'Evangile. Mais les politiques ne suivirent point les théologiens, et les intérêts, plus forts que les croyances, rapprochèrent les princes de la France catholique. « La France, écrivait alors l'ambassadeur florentin, a la moitié de l'Allemagne avec elle ^. »
De son côté, la France ne pouvait abandonner ses protégés. La chute des Etats allemands ne va-t-elle pas entraîner la dépendance des autres peuples européens? Au lendemain de Muhiberg, Henri II s'était empressé de rassurer les villes du Nord. Les ducs de Wurtemberg, Ulrich et Christophe, le duc de Brunswick sollicitaient son intervention. La cour se peuplait d'Allemands qui venaient offrir leurs services en échange d'une pension ou d'une « protection)). Des hommes de guerre : le rhingrave Henri de Waldeck; des politiques : Albert de Brandebourg, Maurice de Saxe, assuraient le roi de leur dévouement et de leur « fidèle obéissance )). Toute l'Allemagne protestante regardait de notre côté ^ Le 5 octobre 1551, Henri II signait avec Maurice de Saxe un traité secret qui lui assurait le concours du plus puissant et du plue habile des princes allemands. Ces rapprochements particuliers sont enfin scellés par le traité de Chambord (15 janvier 1552) qui, moyennant un subside de 240.000 écus, nous autorise à lever des troupes chez les princes alliés et à mettre la main, en cas de guerre,
8. Henri II à Morvilliers (12 mai 1547). Charrière, ibid., II, p. 18.