Ribier, I. p. 166 etc. Le roi à Odet de Selve
16. Traité de Boulogne (24 mars 1550).Le 2 juin, Coligny est envoyé à Londres pour ratification et l'exécution des clauses de la paix. (Calendar, 1550, n° 215).
17. Calendar, n°^ 218, 385. Mason au Conseil (29 juin 1550 et 18 mars 1551); n<> 336, Edouard VI cà Henri II (1" mai 1551) ; n" 369, Henri à Edouard VI (6 juin) ; n° 349, Ambassade à Nortliampton (20 mai 1551). Négociations pour le mariage, id., ibid., n"" 387, 397, 410.
L'opinion française était nettement hostile à une Angleterre devenue protestante, et protestante sacrarnentaire. A Paris, des livres circulaient contre Edouard VI. En chaire, des prêcheurs fulminaient contre les Anglais. Le gouvernement interdit les uns et fit taire les autres i""^ Mais Londres ne se trompait point sur les sentiments réels de la France, De son côté, exaltés par l'esprit de prosélytisme, uniquement appliqués à « extirper l'Antéchrist », les dirigeants anglais conformaient leur politique à ces maximes. Ils ne songent qu'à créer une ligue protestante dont l'Angleterre prendra la tête. Caressé déjà par Henri VIII, repris en 1549 par Somerset, le projet se précise en 1552. Les hommes d'Etat transformés en théologiens, les ambassadeurs en prédicants, négocient avec l'Allemagne protestante et les Etats Scandinaves; Londres espère même l'adhésion de l'Empereur ^^ Les conseillers d'Edouard Vï ne songent plus alors qu'à se rapprocher de Charles-Quint et à mettre fin à la guerre européenne par une médiation.
Notre effort devait surtout se porter sur l'Italie.
L'Empereur était solidement établi à Milan et à Naples. Nous tenions le Piémont, et, en 1548, en réponse à l'agression espagnole sur Parme, nous avions réuni le marquisat de Saluées. Au Centre, tout un groupe d'Etats avaient réussi à se maintenir. Ces Etats, la politique française aspirait à les fédérer et s'offrait à les défendre. Tel était le projet du cardinal du Bellay. Ainsi se fût formé un bloc qui eût dressé entre le Nord et le Sud une barrière infranchissable aux ambitions impériales. Mais cette politique coûteuse n'offrait qu'un rendement incertain. Venise se réservait, ménageant l'Allemagne dans l'intérêt de so^ commerce.
17 bis. Id., ibid, n° 305. Mason au Conseil (18 mars 1551). Id. n° 289, sur l'opinion hostile de la Cour.
18. Sur ces tentatives pour for-mer une ligue générale des puissance» protestantes^ cf. Calendar, n"" 492, 546, 552, 553, 559, 665. Sur la médiation anglaise, Id., ibid, n° 643. Instructions d'Edouard VI au D"" Wotton, à W. Pickering et sir Th. Chaloner (2 avril 1553). La mort d'Edouard VI mit fin à tous ces projets.
Dans le duel qui s'annonce, elle observe et elle attend. — Rien à espérer de la Toscane, bien qu'une Médicis fût reine de France. Le duc Cosme nous cajolait, mais avait partie liée avec l'Empereur. A Gênes, en 1547, le parti français avait en vain essayé de renverser les Doria. Cette conspiration de « Fiesque » fut découverte, et Gênes resta sous le joug. Nous ne pouvions compter que sur Ferrare. Le petit Etat des Este jeté en écharpe du Pô à l'Apennin, de Reggio à Modène, était un client de la France. Le duc, Hercule, avait épousé Renée de France; son frère Hippolyte, le cardinal, comblé de faveurs, de bénéfices, se faisait gloire d'être à Rome notre protecteur. Dans cette Cour où affluaient nos poètes, nos érudits, même nos théologiens, l'influence de la France était sans rivale. En 1548, les liens se resserrent encore par le mariage de François de Guise avec l'aînée des filles du duc, Anne. Mais Ferrare mettait beaucoup moins à notre service un concours militaire qu'une force d'intrigue — et qui nous coûtait cher. Somme toute, l'arbitre était encore le grand pouvoir qui, tenant en main la direction du catholicisme, pesait sur les destinées italiennes : la papauté. A Rome, nous trouvions devant nous une politique. Dans la crise effroyable qui ébranlait l'Europe chrétienne, Paul ÏII en avait tracé d'une main ferme les directives. Réconcilier les princes, rétablir l'unité et restaurer l'Eglise elle-même* par le concile, assurer l'indépendance du Saint- Siège par une extension de la puissance temporelle, telles avaient été les idées maîtresses du pontificat. En 1545, il semblait arriver à ses fins. Le traité de Crépy entre François 1er et Charles-Quint, l'ouverture du Concile, l'acquisition de Parme et de Plaisance, dont le vieux pape avait investi son fils Pier Luigi Farnèse, marquaient les étapes et les succès de cette politique. Elle ne pouvait porter ses fruits que par le maintien de la paix. Pour l'assurer, Paul III entendait tenir la balance égale entre les rivaux. Mais les progrès de la puissance impériale, le refus de Charles-Quint
de reconnaître Parme et Plaisance comme fiefs de l'Eglise, l'assassinat de Pier Luigi et l'entrée des Espagnols dans les duchés, enfin la prétention de l'Empereur de régler seul, par Vlnterim, le statut religieux de l'Allemagne, avaient éveillé les défiances de la Curie. Dès mars 1547, le Concile était transféré à Bologne et Paul III se rapprochait ouvertement de la France.
Notre attitude se. précisait. Soutenir d'abord les Farnèse. Le plus jeune des petits- fils du Pape, Horatio, élevé à la cour, fut fiancé le 30 juin 1547 à Diane de France, fille légitimée de Henri II. Mais notre but secret était toujours l'expansion de notre influence en Italie. Le moment parut favorable pour arriver à une entente plus étroite avec Rome et avec Venise. Le Cardinal Charles de Guise fut envoyé à Rome pour la préparer. Mais, à ce moment même, un différend avec Paul III pour le règlement de la succession de Parme, le refroidit à notre égard. Nous avions découvert nos ambitions. Fidèle à sa politique de bascule, Paul III, de nouveau, se rapproche de l'Empereur. Et quand il meurt, le 12 novembre 1549, tous nos efforts pour entraîner le Saint-Siège dans une alliance contre l'Empereur ont échoué i*'.
Le nouveau pape, Jules III, n'était point, par ses origines, notre ennemi. L'ancien légat pontifical au Concile avait dû son élection aux suffrages de la France. Ses premiers actes avaient répondu à notre attente. Il avait témoigné au roi sa gratitude, donné au petit-fils de Paul III, Octave Farnèse, l'investiture de Parme, Mais faible, irrésolu, versatile, plus soucieux de son repos qu'inflexible sur ses devoirs, Jules III n'était pas homme à conduire le jeu. Insensiblement, le parti impérial le reprenait. On le vit bien, lorsqu'en avril 1550, à la demande de l'Empereur, il consentit à ramener à Trente les Pères de Bologne. La France n'avait pas été consultée. Pouvait-elle, de gaieté
19. Sur tous rapports avec la papauté, pendant cette période, voir Romier 1. Il, chap. I.
LA FRANCE DE HE.XRI II :î91
de cœur, voir siéger les assemblées sur une terre d'Empire? Lorsque le nouveau nonce, Trivulzio, demanda au roi son adhésion, Henri se borna à répondre sèchement que le royaume n'avait pas besoin du Concile pour régler les affaires religieuses. Mais en même temps, paraissait un édit sur la collation des bénéfices par la Curie. Le gouvernement en dénonçait le trafic « scandaleux », réglait le nombre des notaires apostoliques qu'il mettait sous la surveillance des évêques, les obligeait à faire enregistrer leurs actes au greffe des présidiaux et des cours d'Eglise, et soumettait au contrôle de l'Etat les expéditions faites par les banquiers ^o. Un désaccord pointait, qu'un second geste pontifical devait transformer en querelle. En décembre, Jules III signait avec Charles-Quint un traité qui cédait à l'Empereur Parme et Plaisance à titre de fief. Les Farnèse étaient dépossédés. Cette fois, les intérêts français étaient directement lésés. Furieux, Henri II parlait d' envoyer une armée à Rome. Montmorency le retint. Mais une pression semblait nécessaire. Le gouvernement la demanda aux maximes gallicanes qui avaient tant de fois intimidé la Curie. Le
10 mars 1551, des lettres missives enjoignirent aux évêques de rentrer dans leurs diocèses pour s'y informer des abus à corriger. Henri II y annonçait son intention de réunir un Concile national. En même temps, dévoilant son jeu, il chargeait son ambassadeur et ses cardinaux de négocier un accord au sujet de Parme. Jules III se montra irréductible. En consistoire, il avait protesté « contre la prétendue assemblée... d'ung concile national de toute la France )>. Avec Tournon, son langage se fit même plus menaçant. « Si le Roi nous enlève Parme, nous lui enlèverons la France. »
11 annonçait son intention d'excommunier Henri et de transférer la couronne au propre fils de Charles-Quint.
Des deux côtés, cependant, on hésitait. Quel scandale
20. Isambert, Rec. des anc. lois franc., XII, n» 164 (juin 1550).
qu'une rupture entre le Très Chrétien et Rome! Jules III avait envoyé son neveu en France, et le roi écrivait au pape pour se disculper de toute intention de schisme. Le 15 mai, partait pour Rome un de nos agents les plus déliés, le jeune' protonotaire J. de Monluc, chargé d'expliquer notre attitude et de rétablir l'entente. Mais la diplomatie impériale veillait. Elle soufflait au pape des paroles et des mesures de violence. Par représailles, le gouverneur du Piémont, Brissac, faisait arrêter l'évêque d'Astorga qui se rendait à Trente. Le 29 mai, Henri II signait enfin avec les Farnèse un traité qui les prenait sous notre protection. Le pape riposta en proclamant le duc rebelle, déchu de ses droits et en lui déclarant la guerre. Le roi rappela son ambassadeur. A leur tour, nos cardinaux quittèrent Rome. Le 4 août, à la suite d'un bref menaçant, Henri II fit une scène publique au nonce et le chassa du royaume. Jules III n'avait pas attendu cet affront pour faire appel à Charles-Quint ^i. C'était la guerre. Guerre militaire, guerre religieuse, comme jadis entre Louis XII et Jules IL Pendant qu'une armée impériale se dirigeait vers l'Italie, le frère de Coligny, d'Andelot, se jetait dans Parme. Et comme Louis XII, le roi mobilisait ses théologiens et ses légistes. La Sorbonne rappelait que le souverain et son Eglise ne devaient au pape qu'une obéissance « limitée ». Le 4 octobre, une déclaration royale donnait ordre au garde des sceaux de pourvoir aux moyens d'obvier aux « censures ou interdits portés contre la couronne ». Un nouvel édit interdisait les envois d'argent à la Curie. Et Du Moulin se faisait l'écho de l'opinion gallicane en attaquant avec violence, dans son traité sur les « Petites dates », la fiscalité et la vénalité romaines. Le bruit courait en Europe que, dénonçant « l'obédience », Henri II songeait, comme Henri VIII, à faire proclamer par son Parlement sa « suprématie ».
21. Sur l'évolution de la crise gallicane, cf. Romier, 1. II, chap. m.
LA FliAXCE DE HEXHI II 1393
Le retentissement était énorme. Jamais la France n'avait paru si près du schisme. Toute l'Europe protestante prêtait l'oreille. Cette crise enflait les espoirs des réformés. Calvin saluait la réunion du Concile national comme l'échec définitif de l'assemblée de Trente... Première annonce d'une réforme qui, commencée par la discipline, s'étendrait jusqu'à la liturgie et sans doute jusqu'à la foi. On prétendait même qu'il était invité à se rendre à Paris pour discuter, sur l'ordre du roi, avec les théologiens et les évêques. De Zurich, BuUinger envoyait A Henri II son traité sur la « Perfection des chrétiens ». Surtout l'Angleterre qui, à ce moment même, se rapprochait de nous, ne cachait point ses espérances 22. Et son ambassadeur auprès de Charles- Quint écrivait au Conseil : « Si le roi de France peut être amené par quelque moyen à travailler à la gloire de Dieu et à permettre que la vraie doctrine soit enseignée, on doit se réjouir et être heureux que le Christ soit révélé au peuple. Les papistes sont terriblement effrayés que leur doctrine soit en France citée à la barre, et par là même soit trouvée aussi criminelle qu'elle l'a été en Angleterre. » Genève et Londres se trompaient; elles ignoraient notre tradition politique. Notre gallicanisme n'avait jamais été qu'un moyen. Cette fois encore la royauté maintient d'une main ferme sa ligne de conduite : résister à Rome, non s'en séparer.
A cette heure décisive, comme à d'autres moments de notre histoire, la doctrine reste intacte. La France distingue entre le pape et la papauté, l'homme et l'institution. Au plus fort de la lutte, le gouvernement royal avait tenu à témoigner que le lien d'unité ne serait pas rompu. Les persécutions contre les protestants se continuent, et c'est le 20 juin 1551 qu'est promulgué l'édit de Chàteaubriant, le plus dur qui frappe les hérétiques. En même temps, le roi envoie à Trente le jeune abbé de Bellozane, Jacques
■22. L'Angleterre suit de très près les événements. Calendar, n» 325,326. Peter Vannes au Conseil (26 avril); n° 337, Moryson au Conseil (5 mai).
Amyot, lire une protestation contre les actes du pape. C'était, indirectement, reconnaître le concile. Amyot était suivi d'un autre envoyé, M. de Contay, chargé de rassurer les Pères sur l'orthodoxie du souverain. Tournon et Charles de Lorraine donnaient des conseils de modération. Peu à peu, une détente se préparait. La lassitude, la misère de Rome, un sentiment plus juste des véritables intérêts de l'Eglise disposaient Jules III à un rapprochement. Le 4 septembre, il écrivait au roi sur un ton bien différent de celui de ses premiers brefs. Il annonçait l'envoi d'un 1 égat chargé de négocier la paix. Le légat fut bien accueilli. Tournon revenait lui-même à Rome, porteur d'instructions conciliantes. Le roi était prêt à rendre Parme à l'Eglise, à la condition qu'elle n'en fût jamais démembrée. L'habileté, la mesure, le tact du Cardinal ménagèrent une réconciliation. Le 29 avril 1552, Jules III consentait à une suspension d'armes. Octave Farnèse rentrait dans son duché; son frère Horace recouvrait Camerino; le concile de Trente était suspendu. Rome avait capitulé.
Désormais, la France a les mains libres. Elle peut affronter la lutte qui vient de s'engager sur toutes ses frontières et qui remplira la fm du règne. Que cette politique ait affermi le principe protestant, que la France ait ainsi contribué à répandre une forme de christianisme qu'elle n'acceptait point pour elle-même, le doute n'est plus permis. Mais il n'était pas en son pouvoir de s'opposer à une révolution religieuse qui avait entraîné près d'une moitié de l'Europe, ni de rétablir par la force une unité que l'indépendance de la pensée, les abus du clergé, le progrès des nationalités avaient contribué à détruire. Au moins, dans la grande crise morale où la chrétienté achève de se dissoudre, a-t-elle compris les devoirs que lui imposait la nécessité de vivre. Elle reste fidèle à la tradition, et elle défend une fois de plus, contre l'impériaHsme, l'indépendance des peuples en même temps que sa propre indépendance. Elle prépare
ainsi un nouvel ordre européen, celui de l'équilibre. Elle a libéré le monde d'une domination qu'une Allemagne unie et forte sera toujours tentée de lui imposer.
De cette politique nationale — car elle fut bien l'œuvre de la nation, du roi comme du peuple, des hommes d'Eglise comme des hommes de guerre, — la France devait recueillir presque aussitôt les fruits. Metz, Toul, Verdun tombées entre nos mains, le Luxembourg envahi, la Corse conquise, la monarchie hispano-allemande brisée en deux, tels furent les succès que devaient reconnaître, en 1556, la trêve de Vaucelles et l'abdication de Charles-Quint. Il eût fallu s'arrêter alors, consolider ces avantages et refaire le royaume dans l'ordre et dans la paix.
L'erreur du roi, de ses conseillers, de la papauté même, fut de ne pas comprendre que, l'œuvre politique achevée, devait sans retard commencer le grand effort de restauration morale. — Trois années de guerre, une aventure folle en Italie, un désastre à Saint-Quentin, que réparera à peine la prise de Calais, une paix de lassitude qui nous chassera de l'Italie; au dedans, la ruine, des désordres, la sourde irritation qui s'attaque au régime même, tel sera le bilan de la fin du règne. C'est précisément dans ces années, par ces fautes et ces revers, que nous verrons se répandre et s'organiser l'hérésie.
La politique extérieure a dominé et dirigé la politique intérieure. Pour faire front et gagner la lutte, la royauté doit tenir la nation en main. Devant l'ennemi, volontés individuelles et intérêts particuliers doivent disparaître, confondus dans l'effort commun et soumis à une impulsion unique. Ainsi la guerre provoque des réformes, et ces réformes se traduisent par une concentration et comme un resserre-
ment de l'autorité. Le règne de Henri II marque une étape remarquable dans les progrès et les institutions de l'absolutisme. Le gouvernement d'un Henri IV et d'un Richelieu se dessine déjà dans son gouvernement.
L'unité territoriale est presque consommée. Des vieux Etats féodaux qui traitaient jadis de puissance à puissance avec leur suzerain, un seul survit : l'Albret. Maître du Béarn, de la Bigorre, des comtés gascons d'Armagnac, Fezensac, Astarac, Henri II d'Albret joint à sa seigneurie le titre de roi de Navarre. Royauté sans royaume! Mais son mariage avec la sœur de François I^r a ouvert ses Etats à l'influence royale, et, en donnant sa fille unique, Jeanne, à un prince du sang, Antoine de Bourbon, le petit-fils d'Alain le Grand prépare, sans le savoir, le rattachement à la couronne. — A l'intérieur même du royaume, les grands apanages ont disparu : Auvergne, Bourbonnais, Beaujolais et Forez ont été confisqués en 1523; Alençon est réuni, à la mort de Marguerite, en 1550. Ceux qui restent, Vendôme et Nevers, sont trop petits pour être dangereux. Leurs chefs qui vivent à la cour dans le reflet de la grandeur royale, ne sont plus que des satellites brillants du souverain. En fait, partout, de la Manche aux Pyrénées, de la Meuse, de la Seine, des Alpes à l'Océan, l'autorité souveraine du roi est obéie et partout aussi, sauf dans l'État que forment les seigneuries d'Albret, l'administration monarchique est imposée.
Ce vaste corps n'a qu'un chef, ou, pour mieux dire, un maître : le Roi. Seul, le roi gouverne. Il est la loi, supérieur aux lois elles-mêmes. En 1550, le procureur général rappelle ce principe, assise de tout l'édifice politique. « Le roy est par dessus les institutions humaines... qu'il relasche quand bon luy semble, quand Dieu l'inspire à ce faire... Et puisqu'il plaist au roy... dispenser contre ses édits, ordonnances et loys, il faut obeyr i. » Nulle définition plus juste. Mais cette