‹ Les origines de la réformeChapitre 11 sur 198 · A. N., X»* 4504, f 319. Séance royale du 13 juin · texte numérisé non relu

A. N., X»* 4504, f 319. Séance royale du 13 juin

3. Isambert, XI, p. 219, 332. — Voir également dans les anciennes coutumesde Bretagne (Pianiol, p. 312) l'invocation finale. — Ces formules se trouvent en tète des actes municipaux. A. M., Périgueux, CC. 96, Registre de comptes commençant par ces mots : « £n nom de Dieu et de la glorieuse vergene Marie, Monseigneur Sainct Front... et de tous les sainctz et sainctes... de... la court célestialle ».

Sous le coupable, la loi entrevoit le- pécheur. La peine sera donc à la fois un châtiment et une expiation. On peut être surpris du rôle que joue, à cette époque, dans le droit pénal, l'amende honorable. Non seulement des sacrilèges, hérétiques ou blasphémateurs y sont tenus, mais on l'impose à des malfaiteurs de droit commun, voleurs, faussaires, bandits de grand chemin *. Avant de se rendre au supplice, nu-pieds, en chemise, corde au cou, ils portent une torche à Téglise et sont tenus de crier « mercy » à Dieu et au roi. Nous retrouvons ici ridée chrétienne du mal. La faute est plus qu'un acte individuel, elle est un désordre social qui doit être réprimé et réparé.

Maîtresse des institutions et du droit, la religion présidait enfin à tous les actes de la vie sociale. Gardienne des obligations qui unissent les hommes, elle intervient sous la forme du serment dans le contrat féodal, dans une foule de contrats privés. Confidente des dispositions intimes et cachées, elle inspire les donations ou les testaments. Aux actes juridiques, elle donne un principe moral; par elle, sous les formules rigides du droit, se trahissent les scrupules de la conscience. Elle est enfin la voix de la nation qui chante, qui pleure ou qui prie. C'est par une messe, des prières, une prédication que s'ouvrent les Etats généraux de 1484, les assemblées provinciales, les délibérations des corps de ville ou des parlements *. C'est par des fêtes religieuses que sont inaugurées les campagnes militaires. En 1509, Louis XII; en 1515, François V\ envoient à Saint-Denys « affin de faire descendre 1 es corps sainctz, comme il est accoustumc faire quand les roys

1. Nombreux exemples dans les registres municipaux. Amiens, CC.78, r* "5 V». Attentat contre un sergent puni par Tamende honorable (1500). — A. N., Grand conseil, V* 1041. Faussaires de lettres royales condamnés & aller & Téglise • avec lesd. lettres falciffiées... au col - <27 mars 1489).

2. Masselin, Journal, p. 65. — Cérémonie à Touverture des Étals de Languedoc (A. D., Haute-Garonne, G. 2276, r 1).

l'absolutisme. 17

de France vont en personne en quelque guerre loingtaine » ^ C'est par des processions qu'on célèbre une victoire, un traité, le mariage du prince, la naissance d'un dauphin. C'est par des supplications publiques que l'on demande à Dieu l'abondance des récoltes, la fin d'une contagion, le rétablissement de la paix. Dans toutes les villes, ces manifestations se succèdent. Le roi, les parlements, les municipalités, le peuple, les réclament. Toute la pensée des hommes est tournée vers la puissance suprême, invisible et présente, qu'ils veulent fléchir ou se concilier.

Les grands corps de l'Etat, les villes, les métiers ont euxmêmes leurs traditions religieuses. Comme TUniversité, le Parlement a ses fêtes, ses processions, ses dispenses. Sa chapelle, sainte entre toutes, contient les reliques de la Passion, la couronne d'épines, la vraie croix. Dans la plupart des villes, Téchevinage et les corporations ont leur église. C'est que chaque communauté a son patron, son saint^ ses fêtes traditionnelles, son culte local ^ En vertu même de leur charge, les magistrats municipaux sont les gardiens de ce culte. Us veillent à l'entretien des reliques. A Riom, les échevins lèvent une taille pour la confection d'une châsse à saint Amable. A Rodez, les reliques de saint Amans sont confiées à la garde des consuls. A Périgueux, à Amiens, les membres du corps de ville portent eux-mêmes, aux processions, les reliquaires, ici de saint Front, là de saint Firmin. A Lagny, un cierge brûle, jour et nuit, aux frais de l'échevinage, devant la statue de Notre-Dame des Ardents ^ Quand

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