BarriUon. Journal^ Éd. de Vaissière, I, p
2. Les exemples abondent dans les registres municipaux. — A Périgueux, messe du Saint-Esprit, le premier lundi après l'élection du conseil (Â. M., CC. 95, 1498-1499); à Nevers, vœux publics à Saint- Sébastien (CC. 78, 1498-1499) ; à Rodez, messes pour obtenir les faveurs du ciel sur la ville (Délib. BB. 4); à Toulouse, les membres du Parlement doivent assister tous les matins à la messe (A. D., Haute-Garonne, B. 16, r» 272, 14 nov. 1515).
3. Voir A. M., Riom, GG. 109. — A. M., Rodez, GG. 34 (1484). Les
nous parcourons les budgets municipaux, nous sommes frappés des dépenses affectées au culte. Chaque ville entretient à ses frais les prédicateurs de TA vent ou du Carême, ordonne des prières, des quêtes, fixe les honneurs que Ton doit rendre aux corps saints, protecteurs de la cité.
Qu'on mesure par ces usages Tintensité, la profondeur de ridée religieuse, son rôle dans la vie publique, son influence sur les institutions. Elle est dans le corps social la cellule primitive, le noyau autour duquel vont se fixer tous les tissus et grandir tous les organes. Elle est aussi vivante, aussi agissante dans la France de Charles VIII et de Louis XII que dans la France de Charlemagne. En 1484, les Etats généraux de Tours rappellent que le roi et le royaume sont dits (( très chrestiens, pour Texcellence, foy et révérence
qu'ilz ont eu à Dieu et à saincte Eglise » *. Neuf ans plus tard, c'est en faisant appel aux sentiments religieux du pays que Charles VIII réclame son adhésion à la conquête de Naples ^ Il présente Texpédition comme une croisade, voulue par le , Pape, dirigée contre le Turc. C'est par les mêmes arguments que Louis XII justifie ses entreprises en Italie; François P% ses aspirations à l'Empire. Ainsi uni au sentiment populaire, le catholicisme devient une force nationale. Il maintient notre unité, il prépare notre expansion. Quand la France se proclame la très chrétienne, la fille aînée de l'Eglise, ce ne sont pas de vains titres dont elle se pare, mais bien des réalités dont elle profite. Sa primauté religieuse est le gage de sa primauté politique. Dans le duel qu'elle commence contre la maison d'Autriche, elle n'a pour elle ni l'étendue des territoires, ni la masse des populations, ni le prestige des par-
consuls sont* ouvriers • marguilliers de Saint-Âmans en vertu d'une bulle d'Innocent VIII. — B. M., Amiens, BB. 16 (11 mai 1490). — Lagny (A. N., Z»' 39, V 129, 23 fév. 1513); mêmes usages à Nevers.