iOy Louis XI et les villes, p
2. (inêranl, Cari, de Solre-Damc de Paris (Doc. Inril.), t. 111, p. 305.
3. Varin, Arch, législatives de la ville de ReimSt t. I, p. 73G-740, 762.
364 LA PllANCE MODERNE.
a la plus grosse part des revenus publics; à Vienne, Grenoble, Valence, Viviers, Saint-Paul, où il est en pariage avec le roi, nomme alternativement avec lui les officiers de justice et touche, une année sur deux, les émoluments de la cour commune*. De même, dans un grand nombre de localités qui doivent leur origine à un couvent ou à un chapitre, le corps religieux a gardé la seigneurie sur les habitants, la justice, les foires et marches, la surveillance des métiers, etc. Précisément, à la fin du xv*' siècle, Textension du commerce et des échanges donne à ces droits seigneuriaux une singulière importance. A Saint-Denys, en 1520, sur un revenu ordinaire de 19538 livres, celui des foires monte à 3914 livres; il représente le cinquième du budget total*. Imaginez pareille progression dans tous ces petits centres religieux, les châtellenies, prévôtés, bourgs qui en dépendent, vous pouvez mesurer l'étendue de ce domaine politique et les bénéfices qu'il rapportait.
Il ne semble pas que ces droits aient été alors sérieusement discutés. Cette féodalité viagère ne portait ombrage à personne. La royauté qui Tavait toujours trouvée fidèle, n'avait aucun intérêt à la détruire. Quant aux légistes, par les saisies et la régale, ils l'empêchaient de se perpétuer. S'ils s'étaient attaqués à l'indépendance des juridictions ecclésiastiques, ils avaient respecté ces pouvoirs séculiers que l'absence d'hérédité rendait fragiles, que toute vacance rendait caducs. A vrai dire, les plus grands ennemis des seigneuries d'église se trouvaient dans ces seigneuries mêmes : officiers royaux, consuls ou échevins qui essayent plus d'une fois de rompre quelques mailles de ce réseau et d'élargir la fissure par où passeront les droits royaux ou
1. Quelques chartes de contirmation se trouvent dans les registres de la chancellerie. Auch (JJ. 217, f' 85). — Vienne, JJ. 226, n« 313. — Alhi. Contirmation du pariage de 1l>64 UJ. 220, n- 332). —Le Piiy vW.2l4, n- 24). — Grenoble (JJ. 221, n« iSl). — Viviers (/d., n» 156).