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cour * . Aucun privilège ne fut plus recherché, ni plus utile, car aucun n'offrait une arme plus efficace contre les prétentions des officiers royaux. Les seconds par leurs arrêts ont, plus d'une fois, maintenu des privilèges contestés ou des pouvoirs en litige. Jaloux d'abaisser devant eux la puissance ecclésiastique, ils la redressent devant le peuple. C'est à Rodez, en 1484, Tévêque autorisé par arrêt de justice à mettre ses armes sur les portes de la ville; à Guéret, en 1490, ce sont les habitants contraints à reconnaître le droit de banalité des moines et à moudre à leur moulin. A Albi, en 1492, à la suite de l'émeute locale, le parlement de Toulouse fait faire une enquête. Le 20 décembre, il condamne les bourgeois à 2 000 livres envers l'évêque, 2000 livres envers le roi; les consuls en charge sont destitues, déclarés incapables d'être réélus pendant dix ans; (( l'ombre » est attachée à un poteau sur la place publique et les habitants sont astreints à recevoir leur trompe des mains de l'évêque. Sept ans plus tard, un autre arrêt maintient la juridiction épiscopale contre les officiers du roi, leur défend de présider les assemblées de la maison commune, et d'entreprendre sur les causes criminelles, sauf les cas privilégiés *. — Visiblement, la puissance temporelle du clergé n'est pas combattue : les querelles locales n'en ont pas atteint le principe et, au service de cette autorité, il peut mettre l'influence que lui donnent son recrutement, ses richesses, son intervention dans la vie générale du pays.
1. Voyez, par exemple, Poitiers (A. N., JJ. 211, n' 476, 477). Maguelonne. Id., 210, n« 194 (1483). Tours. W., 212, n« 32. Auch. JJ. 217, n- 85.
2. A. D., Haute-Garonne, B. 6, f» 236. — A. N., X»* 125, f* 254. — A. M., Albi. FF. 74 et A. D., Haute-Garonne, B. 9, f* 18. Cf. également un arrêt contre les habitants de Lodève au profit de l'évêque. Id. B. 12, r 35 (26 janv. 1503). — A Meaux, en 1504, en 1508, en 1516, le Parlement et le roi soutiennent le chapitre contre le bailli (A. D., Seineet-Marne, G. 40, p. 593 et 595).
En cfTct, de son alliance avec le roi, il a obtenu plus encore que des dons en argent ou des immunités civiles. Depuis longtemps, il est entré dans les conseils de la couronne et, par ses représentants, a pris part au maniement des afTaires publiques. Sous l'absolutisme, il garde ce privilège et tandis que Taristocratie laïque, exclue en fait des charges utiles, n'a plus pour elle que les honneurs, il continue à détenir les fonctions qui donnent le pouvoir et assurent un rôle dans la conduite de ^Etat^
Il figure d'abord dans les cours souveraines : parlements, chambres des comptes, requêtes de l'Hôtel, ces véritables organes du gouvernement. Dans le parlement de Paris, il y a, en principe, 39 conseillers clercs contre 38 conseillers lais et les u présidens des enquestes doyvent estre gens d'église ». Aux Comptes, un président et quatre maîtres, aux requêtes de l'Hôtel, quatre maîtres sur huit doivent être ecclésiastiques '. Assurément, ces règles anciennes ne sont plus intégralement observées. Les titulaires des officesclercs sont fréquemment des laïques et ce caractère séculier des cours ou des conseils tend encore à s'affirmer à la fin du Moyen âge. La règle subsiste cependant. En 1483, Charles VIII la rappelle pour le parlement de Paris. Il ordonne que « dorénavant aucun homme lay ne soit reçu ou institué en office de conseiller clerc, ainsi qu'aucun homme d'église ne soit receu ou institué en office de conseillier lay' ». En 1499, en 1501, Louis XII l'applique dans
1. Machiavel a bien vu ce fait. Cf. Ritratti délie cose di Francia. II remarque que la part du clergé au gouvernement est plus grande que celle de la noblesse.
2. A. N., X»- Lett. pat., 8609, f« 1 (i2 sept. 1483). — Id., f 41 V. Lett. pat. du roi relatives au nombre des maîtres des requêtes (5 fév. 1489). — \\ 23U1, f* 529. Confirmation de la Chambre des comptes (24 oct. 1483).