‹ Les origines de la réformeChapitre 127 sur 198 · De Maulde, ouv. cil,, p. U · texte numérisé non relu

De Maulde, ouv. cil,, p. U

3. Les exemples sont nombreux. En voici quelques-uns. Enlèvement de la nile de la dame de Saint-Julien (X'*, 60, 29 nov. 1490). — Autres

ncment est sans emploi. Là même où ils sont admis dans les corps municipaux, sauf dans quelques grandes villes, ils se dérobent ou se récusent, ils préfèrent être exclus s'ils doivent payer la taille '. Des assises irrégulières, quelques (( bans )) ou proclamations, cela suffit à leur activité. La seigneurie n'est plus qu'une exploitation fiscale et, comme tous leurs anciens droits se traduisent en impôts ou taxes qu'ils lèvent, la plus grande partie de leur temps se passe à mettre en ordre leurs comptes ou à faire payer leurs débiteurs.

Ainsi exclus de la discussion des affaires publiques, indifférents ou inaptes aux affaires locales, inoccupés dans leur seigneurie, les nobles n'ont plus, dans le régime nouveau, que deux places à prendre : l'armée et les fonctions. Précisément, ces forces leur glissent des mains; ils cessent d'être la force militaire unique et ils n'entrent dans l'administration que pour une faible part.

Malgré leur désir évident, le vœu formel des Etats généraux, ils n'ont pas réussi à constituer l'armée nouvelle. Ils avaient réclamé la garde des places fortes, de même que les Etats leur avaient attribué, comme un devoir de classe, la composition des milices et la défense du pays. Mais la royauté ne se prêta pas à des mesures que rendaient impraticables le système des troupes soldées et le rôle grandissant de l'infanterie. Les nobles entrèrent dans les ordonnances comme individus, non comme corps. Le service militaire cessa

affaires de rapt. /«/., lôirf., 4 fév. 1491; 26 mai 1491; 3 juiU. 1492. — Les atlaques contre les femmes veuves et les filles sont très fréquentes. Celles contre les biens et propriétés ne le sont pas moins. Les seigneurs pillent la plupart des bénéfices ecclésiastiques vacants; ils se font justice eux-mêmes. On peut voir, par les détails des procès du comte de Laval et de la comtesse de Dunois, comment le premier a essayé de s'emparer des seigneuries contestées et y a fait pour plus de 20 000 écus de dégât (X»' 4833, f" lli v°. 20 fév. 1492).

1. Revue du Tarn, 2* série, t. VII, p. 250. A Cordes, les Dobles préfèrent renoncer au consulat plutôt que d*étre soumis aux tailles (7-15 sept. 1491).

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ainsi d'être pour eux une fonction sociale : il devint une carrière où cadets de famille, courtisans, gentilshommes pauvres vont chercher fortune. Et comme les « ordonnances » ne furent bientôt plus qu'une portion de Tarmée, eux-mêmes ne furent qu'une minorité dans l'ensemble. Hors d'eux, la grande masse des nobles qui vivent sur leur terre aspirent h y rester. Ils ne se prêtent plus qu'avec regret au service de ban et arrière-ban qu'on leur demande. Ces levées contrarient leurs habitudes ou épuisent leurs finances. Ainsi, lors(]ue sous Louis XII elles se multiplient, beaucoup se dérobent à la montre ou ne répondent pas à la convocation. En 1505, le roi constate qu'en Provence les rôles vont sans cesse en diminuant \ En Normandie, dès 1494, les nobles de Rouen ont prétendu ne pas servir hors de la ville; en 151 1 , (( il n'y a pas la moictié des nobles tonans noblement.. . résidans et demourans » qui « n'y sont comparus » *. En Bourgogne, en 1512, un certain nombre de seigneurs voient leurs fiefs saisis ^ Visiblement, l'outil militaire créé par la féodaliti'î ne fonctionne plus et le service demandé gratuitement aux nobles n'est plus pour eux qu'une charge qu'ils supportent avec humeur.

D'autre part, le roi qui les a désarmés se garde de leur livrer les fonctions. Par système, dans cette hiérarchie nouvelle qu'il a créée, il leur réserve les charges les plus lucratives et les plus brillantes : aux princes du sang ou aux grands, celles de gouverneurs; aux simples seigneurs, même à de simples écuyers, celles de sénéchaux ou de baillis. Mais ce n'est lii qu'un fait, non un droit. En 1484, l'aristocratie

1. A. I)., Bourlies-ilu-Rlirtne, B. 22, f" 110 : • Nous avons clerenicnt cogncu la grant diminucion de rarriërc-ban.... • Déjà en 1485, en Languedoc, les nobles n'avaient pas répondu à Tappel du roi (Hist, de iMng., t. XII, p. 256).

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