‹ Les origines de la réformeChapitre 129 sur 198 · Id., ibici., p. 347 (mars 1491», a · texte numérisé non relu

Id., ibici., p. 347 (mars 1491», a

Ainsi les fonctions réservées à la noblesse n'étaient guère que des honneurs. A la vérité, ils lui rapportent : 4 à G 000 livres au gouverneur, l}0 h 1 000 livres au bailli, 300 h 1 200 livres au sénéchal, sans compter les pensions, les cadeaux des villes, des particuliers, les bénéfices apparents ou cachés *. — Tous ces titres qui assuraient le prestige ne donnaient plus l'influence. L'autorité administrative et judiciaire passait entre les mains de ces nouveaux venus qui, au Conseil, dans les cours souveraines, les offices de judicature ou de finances, travaillent, agissent, jugent, gouvernent au nom du roi. L'aristocratie, elle, n'a plus que des préséances; ses prétentions ne répondent plus à ses services et ses exemptions ne sont déjà que des privilèges. Elle devient une « noblesse ». Mais la rude épée qui, entre ses mains, a gouverné, défendu et parfois, opprimé la France, a perdu sa trempe première; sous la riche ciselure, le fer s'est émoussé et s'il brille encore pour la défense extérieure du pays, il retombe inerte, impuissant pour le service de l'intérêt public comme pour la sauvegarde des libertés.

Cette abdication n'est pas due seulement à l'hostilité du pouvoir central, aux empiétements des officiers royaux, aux progrès de Tunité. A ces causes visibles de déchéance s'ajoutent les causes cachées, profondes, par là même irrémédiables qui, depuis deux siècles, s atta(|uent au régime.

La première est la dissolution du groupe féodal. Chaciuc seigneurie n'a pas été seulement un territoire, mais un faisceau de vies et de forces. Elle s'est constituée sur la famille et la clientèle; or, pour assurer la survivance de l'organisme, il a fallu rendre indissolubles ses éléments. Droit d'aînesse, cara(*tère précaire et révocable des fiefs, se sont appliqués

Page 1